2025: Inkyfada fait sa rétrospective

Ces douze derniers mois, l’équipe d’inkyfada a tout mis en œuvre pour vous tenir informé·es de l’actualité, conformément à notre ligne éditoriale et en adéquation avec nos valeurs fondamentales. À travers cette rétrospective, nous vous invitons à revenir sur les productions les plus mémorables de 2025. 
Par | 31 Décembre 2025
15 minutes
L’année 2025 a été marquée par la poursuite de l’attaque et de la répression visant l’espace civique tunisien, touchant particulièrement les associations de la société civile actives sur les questions migratoires, la liberté d’expression, les droits politiques et civils, ainsi que les libertés individuelles.

L’année 2025 a aussi été marquée par de graves atteintes aux droits des personnes détenues et par la précarité des conditions de détention en Tunisie. En juillet 2025, 4 personnes sont décédées dans des circonstances suspectes, liées à des tortures ou violences non documentées, un phénomène aggravé par l’accès limité des organisations de la société civile aux prisons, les empêchant à la fois de documenter ces situations, de plaider auprès des institutions responsables ou même de fournir l’assistance nécessaire aux détenu·es.

Vies en mouvement

Inkyfada continue de documenter les trajectoires des vies en mouvement et les défis auxquels font face les migrant·es subsaharien·nes en Tunisie. Entre démarches administratives complexes, conditions de vie précaires et intégration dans la société locale, leurs parcours révèlent à la fois des histoires de résilience et des obstacles systémiques. La question de la migration reste au cœur des débats, notamment dans un contexte où les partenariats avec l’Union européenne influencent les politiques migratoires et la protection des droits des migrant·es.

 La migration concerne aussi les Tunisien·nes vivant à l’étranger, notamment en France et dans d’autres pays européens. Au-delà des défis d’intégration et de mobilité professionnelle, certain·es font face à des formes de discrimination et de racisme, parfois alimentées par la propagande des mouvements d’extrême droite. Ces violences ont conduit, tragiquement, à la mort de certains membres de la communauté tunisienne à l’étranger. Inkyfada documente ces parcours et ces drames pour mettre en lumière la vulnérabilité de ces migrant·es face aux discours xénophobes et aux contextes hostiles, ainsi que les stratégies qu’iels développent pour se protéger et continuer à construire une vie loin de leur pays natal. 

La question palestinienne était également au cœur de cette thématique. À travers un épisode de son podcast, Inkyfada a documenté les trajectoires de Palestinien·nes ayant cherché refuge en Tunisie, ainsi que les obstacles institutionnels auxquels ils et elles ont été confronté·es.

De la Palestine à Tunis, des réfugié·es palestinien·nes sont arrivé·es pour fuir la guerre ou accéder à des soins. Leurs parcours diffèrent, leurs récits aussi, mêlant soulagement, douleur et désillusions. 

Assef : Ma patrie vit en moi

D’un village vidé au nord de la Palestine aux ruelles de la vieille Damas, en passant par les fronts du sud-Liban, jusqu’à la Tunisie devenue son second chez-soi. Assef est réfugié, combattant, père, et acteur discret. Un parcours qui s’étend sur des décennies, marqué par la cause, les armes, la prison, la fuite… et la vie.

Le chemin vers la Palestine

Inkyfada a également documenté les initiatives civiques et humanitaires visant à briser le blocus de Gaza, notamment à travers le Freedom Flotilla Coalition Mouvement, ainsi que la réaction des autorités de l’occupation face à ces mobilisations. Plusieurs activistes et militant·es engagé·es dans ces actions ont été arrêté·es et détenu·es dans des prisons sionistes.

La Tunisie a par ailleurs occupé une place centrale dans le départ du convoi Sumud, ainsi que de la flottille Sumud.

Le métier de journaliste à l’épreuve de l’autoritarisme

L’année 2025 a été particulièrement éprouvante pour les journalistes. En Tunisie, la liberté d’expression continue de se restreindre sous la pression d’un contexte politique de plus en plus répressif. Le décret-loi 54 a aggravé cette situation, entraînant une montée des intimidations, des arrestations et des poursuites ciblant les journalistes et les voix critiques. Dans ce climat, exercer le métier d’informer relève chaque jour d’un défi considérable. 

 À Gaza, la situation des journalistes est encore plus dramatique. Plusieurs reporters et correspondants ont été tué·es ces dernières années dans l’exercice de leur métier, pris·es pour cible lors des bombardements ou dans des attaques directes. Leur travail pour informer le monde sur la réalité du génocide à Gaza se fait dans des conditions extrêmement dangereuses, où chaque reportage peut coûter la vie. Ces assassinats rappellent tragiquement que la liberté de la presse n’est pas seulement menacée par des lois ou la censure, mais aussi par la violence physique qui frappe celles et ceux qui osent documenter la vérité. 

Les coulisses du sport tunisien

L’année 2025 a également été marquée par des tensions autour du football tunisien et de ses institutions. Sur les terrains, les groupes d’Ultras ont continué à subir un encadrement sécuritaire strict, parfois violent, qui ne s’arrête pas aux abords des stades. Face à ces politiques répressives, ces supporters, unis par leur passion pour le sport, ont répondu par des formes de résistance et d’expression collective, nourries par les matchs à huis clos, les interdictions de déplacement et les arrestations ciblées. Inkyfada est allée au cœur de ce mouvement pour rendre compte de cette dynamique entre passion sportive et lutte contre la répression.

Parallèlement, les institutions sportives ont été mises à l’épreuve. La Fédération tunisienne de football, longtemps perçue comme un symbole d’unité, a révélé ses fragilités structurelles et financières. Entre gestion déficiente, conflits d’intérêts et pressions politiques, l’institution peine à se relever, même après l’élection de son nouveau président. De son côté, la Fédération tunisienne de tennis a traversé douze années de direction autoritaire sous Salma Mouelhi, où le pouvoir centralisé et le manque de transparence ont créé un climat de tensions internes. Inkyfada est revenue sur ces trajectoires pour éclairer les coulisses de l’administration sportive et les mécanismes de pouvoir qui façonnent le sport tunisien aujourd’hui.

L’écologie en crise

L’année 2025 a également marqué un tournant dans la question écologique en Tunisie. L’ampleur de la crise qui a éclaté à Gabès en septembre a révélé la vulnérabilité du système environnemental face aux pollutions industrielles et aux impacts du changement climatique, tandis que la transition énergétique nationale poursuivait son chemin sans répondre pleinement aux besoins locaux. Inkyfada a documenté la détresse des communautés de pêcheurs dans le Sud, confrontées à des conditions climatiques extrêmes et à la prolifération des « bateaux kess » qui détruisent les fonds marins et mettent en péril leurs moyens de subsistance, notamment autour de l’archipel de Kerkennah. Dans le même temps, nos investigations ont mis au jour la culture illégale de soja génétiquement modifié dans plusieurs gouvernorats, une pratique non encadrée par les autorités qui aggrave la crise des aliments pour bétail et menace l’équilibre écologique et économique du pays.

Regards sur la société

Inkyfada a documenté les mutations profondes de la société tunisienne, de la montée du chômage à la multiplication des mouvements de protestation, en passant par la régression des libertés individuelles, en les analysant à l’aune des transformations socio-économiques et politiques du pays.

Nos nouveautés

Inkyfada a lancé le format news à travers la rubrique À chaud, une dépêche détaillée et visuelle, fidèle à l’identité éditoriale d’Inkyfada. À chaud a couvert et analysé plusieurs actualités majeures, nous permettant de renforcer notre positionnement et notre visibilité sur la scène médiatique.

Côté podcast, Inkyfada a transformé ses articles historiques de la série “ Au-dessous des dates” en épisodes audio, afin de raconter et de commémorer les événements qui ont façonné l’histoire de la Tunisie, avec une approche à la fois pédagogique et sensible aux récits humains. 

Nos rubriques permanentes

Lancée en 2024, Inkyfada Diaspora continue de documenter les parcours de la diaspora maghrébine en Europe, et particulièrement en France, en donnant voix aux enjeux sociaux, économiques et culturels qui façonnent leur quotidien. Entre ambitions personnelles, précarité et quête d’indépendance, ces parcours mettent en lumière les difficultés rencontrées face aux contraintes administratives et aux politiques migratoires européennes, ainsi que l’impact psychologique et financier de ces situations. Nos enquêtes s’inscrivent également dans le contexte plus large des réformes européennes, comme le nouveau Pacte sur la migration et l’asile, qui redéfinit la gestion des migrations et les conditions de séjour des ressortissant·es maghrébin·es.

Photoreportages

À travers nos photoreportages, en collaboration avec des photographes indépendants, nous explorons la société tunisienne dans toute sa diversité.

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