La série "Gens suspects" retrace des éléments du vécu de personnes fichées par les services de renseignement français en Tunisie (entre les années 1910 et les années 1930) et, dans certains cas, condamnées. Majoritairement surveillés pour des raisons politiques, les "gens suspects" (des hommes musulmans pour la plupart) pouvaient aussi l’être pour des "faits divers". Cette série d’articles tente de faire parler ces fiches de police rédigées il y a un siècle et de comprendre l’expérience coloniale à travers le prisme sécuritaire. "Gens suspects" puise ses sources dans le fonds d’archives du même nom conservé aux Archives nationales.

Suspect n°4 : Mokhtar El Ayari. Un traminot communiste sous surveillance

| 28 Février 2021 | 20 minutes
À la suite de la nomination de Mokhtar El Ayari en février 1921 comme secrétaire du syndicat des tramways, une grève est annoncée chez les traminots. Pour la police, le lien de cause à effet est irréfutable : ce traminot syndiqué et communiste “serait l’un des promoteurs de la grève actuelle” en plus d’être, selon elle, “un violent [...],[qui] fréquenterait les quartiers réservés et serait de moralité douteuse”.

Suspect n°3 : Mahmoud El Abidi. Arrêté deux fois pour faits "séditieux"

| 24 Janvier 2021 | 15 minutes
“Nos protégés musulmans de Tunisie préparent-ils une nouvelle édition des événements du Djellaz, nous ne savons [...]. Ce qu’il y a de certain c’est qu’un mouvement xénophobe commence à les agiter.” ( “Propagande xénophobe”, La Tunisie française, 18 août 1913) 

Suspect n°2 : Ahmed El Mechergui. muezzin arrêté pour "haine contre les chrétiens"

| 20 Décembre 2020 | 10 minutes
Le 10 août 1913, un article de la Dépêche sfaxienne avance qu’une “famille française, dont la femme est d’origine maltaise, c’est-à-dire, connaissant admirablement l’arabe, habite tout proche de la grande mosquée [...]. Depuis les derniers jours de juillet, Mme B… remarquait, en entendant le muezzin, qu’il ne terminait pas son appel par les mots accoutumés.”

Suspecte n°1 : Mabrouka bent Salem ben Younès. Emprisonnée pour ambiguïté

| 15 Novembre 2020 | 10 minutes
Le 20 octobre 1917, un télégramme chiffré arrive depuis Gabès dans les mains du Résident général français à Tunis. On l’informe qu’une femme qui s’appelle Mabrouka bent Salem ben Younès, originaire de la Tripolitaine et habillée comme un homme, a été arrêtée à Menzel Chergui et qu’elle arrive le lendemain matin à Tunis sous escorte policière.