L’année 2025 a été marquée par la poursuite de l’attaque et de la répression visant l’espace civique tunisien, touchant particulièrement les associations de la société civile actives sur les questions migratoires, la liberté d’expression, les droits politiques
et civils, ainsi que les libertés individuelles.
L’année 2025 a aussi été marquée par de graves atteintes aux droits des personnes détenues et par la précarité des conditions de détention en Tunisie. En juillet 2025, 4 personnes sont décédées dans des circonstances suspectes, liées à des tortures ou
violences non documentées, un phénomène aggravé par l’accès limité des organisations de la société civile aux prisons, les empêchant à la fois de documenter ces situations, de plaider auprès des institutions responsables ou même de fournir l’assistance
nécessaire aux détenu·es.
Malgré une surpopulation carcérale critique, les juridictions tunisiennes privilégient encore l’enfermement au détriment des mécanismes alternatifs pourtant inscrits dans le droit. Une politique pénale en décalage avec la réalité des prisons.
En seulement quinze jours, la Tunisie a connu la mort suspecte de trois jeunes hommes incarcérés, dans des circonstances troublantes qui ont suscité de vives réactions et interrogations sur la situation des prisons du pays.
Le 2 mai, l’avocate Rihab Smaali a publié un contenu dénonçant ce qu’elle qualifie de « crime de torture » à l’encontre de son client, le jeune Rayan Khalfì, au sein de la prison civile de Bizerte. Le ministère de la Justice dément aussitôt ; les organisations de la société civile protestent, et pointent des incohérences dans le récit officiel. inkyfada fait le point.
Vies en mouvement
Inkyfada continue de documenter les trajectoires des vies en mouvement et les défis auxquels font face les migrant·es subsaharien·nes en Tunisie. Entre démarches administratives complexes, conditions de vie précaires et intégration dans la société locale,
leurs parcours révèlent à la fois des histoires de résilience et des obstacles systémiques. La question de la migration reste au cœur des débats, notamment dans un contexte où les partenariats avec l’Union européenne influencent les politiques migratoires
et la protection des droits des migrant·es.
Abdallah est un migrant soudanais. Il fait partie des milliers de migrant·es qui ont été victimes de ce que l’on appelle le « renvoi du fardeau ». La dernière expulsion qu’il a subie l’a conduit au Niger, où le nombre de personnes refoulées depuis les pays voisins est en hausse depuis 2023.
Dans la région de Sfax, les bateaux artisanaux en métal sont devenus le principal moyen de traverser la Méditerranée. Une fuite de documents de l’Union européenne révèle le rôle de ces embarcations dans l’augmentation des flux migratoires depuis la Tunisie et les dangers qu’ils représentent pour les migrant·es…
La Tunisie, carrefour migratoire entre l’Afrique et l’Europe, est devenue en 2023 la principale route vers l’Italie, dépassant la Libye. Tandis que Tunis renforce sa coopération avec l’UE, des documents confidentiels révèlent l’ampleur de cette crise, ses chiffres clés et ses conséquences sur les migrant·es.
Adopté en avril 2024 et porté comme une réforme historique par la Commission européenne, le nouveau Pacte sur la migration et l'asile est présenté comme comme un “système commun de gestion des migrations à l’échelle de l’Union” et redessine les contours
de la politique migratoire de l'Union européenne
Depuis le début de l’année, les camps de migrant·es d’El-Amra, dans la région de Sfax, cristallisent fantasmes et tensions de plus en plus déconnectés des réalités du terrain. Tandis que les autorités tunisiennes mettent en avant les retours volontaires et une vaste opération de démantèlement lancée début avril, peu de personnes semblent avoir réellement quitté la zone. Face aux thèses complotistes relayées par des responsables politiques, les migrant·es expriment leur consternation.
Signé à Tunis en juillet 2023, le mémorandum d’entente entre la Tunisie et l’Union européenne (UE) annonçait un partenariat “stratégique” dans les domaines de l’économie, de l’énergie et de la migration. Près de deux ans plus tard, ce texte non contraignant peine à produire des effets concrets. Entre conditionnalités économiques, coopération migratoire déséquilibrée et promesses énergétiques floues, les interprétations divergent. inkyfada fait le point.
La migration concerne aussi les Tunisien·nes vivant à l’étranger, notamment en France et dans d’autres pays européens. Au-delà des défis d’intégration et de mobilité professionnelle, certain·es font face à des formes de discrimination et de racisme,
parfois alimentées par la propagande des mouvements d’extrême droite. Ces violences ont conduit, tragiquement, à la mort de certains membres de la communauté tunisienne à l’étranger. Inkyfada documente ces parcours et ces drames pour mettre en lumière
la vulnérabilité de ces migrant·es face aux discours xénophobes et aux contextes hostiles, ainsi que les stratégies qu’iels développent pour se protéger et continuer à construire une vie loin de leur pays natal.
Un homme tunisien a été tué et un autre, d’origine turque, grièvement blessé à Puget-sur-Argens (Var) le 1er juin. L’auteur présumé, un Français d’une cinquantaine d’années, a ciblé ses victimes pour leurs origines. Pour la première fois, le Parquet national antiterroriste ouvre une enquête pour meurtre raciste relevant d'une idéologie d'extrême droite.
Loin devant ses voisins européens, la France délivre le plus grand nombre d'obligations de quitter le territoire français (OQTF). Parmi celles et ceux qui reçoivent ces mesures administratives, les ressortissant·es tunisien·nes, marocain·es et algérien·nes
représentent plus d’un tiers des concerné·es. Commence alors un parcours aux multiples difficultés, entre engrenage administratif, conséquences financières et impact psychologique.
La mort d'Abdelkader Dhibi, un ressortissant tunisien de 35 ans, continue de faire des vagues bien au-delà de Marseille. Abattu par la police française le 2 septembre après avoir poignardé plusieurs personnes dans le centre-ville, il est désormais au cœur d'un bras de fer diplomatique entre Paris et Tunis.
La question palestinienne était également au cœur de cette thématique. À travers un épisode de son podcast, Inkyfada a documenté les trajectoires de Palestinien·nes ayant cherché refuge en Tunisie, ainsi que les obstacles institutionnels auxquels ils
et elles ont été confronté·es.
De la Palestine à Tunis, des réfugié·es palestinien·nes sont arrivé·es pour fuir la guerre ou accéder à des soins. Leurs parcours diffèrent, leurs récits aussi, mêlant soulagement, douleur et désillusions.
D’un village vidé au nord de la Palestine aux ruelles de la vieille Damas, en passant par les fronts du sud-Liban, jusqu’à la Tunisie devenue son second chez-soi. Assef est réfugié, combattant, père, et acteur discret. Un parcours qui s’étend sur des décennies, marqué par la cause, les armes, la prison, la fuite… et la vie.
Le chemin vers la Palestine
Inkyfada a également documenté les initiatives civiques et humanitaires visant à briser le blocus de Gaza, notamment à travers le Freedom Flotilla Coalition Mouvement, ainsi que la réaction des autorités de l’occupation face à ces mobilisations. Plusieurs
activistes et militant·es engagé·es dans ces actions ont été arrêté·es et détenu·es dans des prisons sionistes.
La Tunisie a par ailleurs occupé une place centrale dans le départ du convoi Sumud, ainsi que de la flottille Sumud.
Le métier de journaliste à l’épreuve de l’autoritarisme
L’année 2025 a été particulièrement éprouvante pour les journalistes. En Tunisie, la liberté d’expression continue de se restreindre sous la pression d’un contexte politique de plus en plus répressif. Le décret-loi 54 a aggravé cette situation, entraînant
une montée des intimidations, des arrestations et des poursuites ciblant les journalistes et les voix critiques. Dans ce climat, exercer le métier d’informer relève chaque jour d’un défi considérable.
Le siège de l’INAI a été fermé cette semaine, ses employé·es transféré·es à la présidence du gouvernement. Une disparition discrète, qui prive les Tunisien·nes d’un acquis essentiel de la révolution : l’accès à l’information publique.
En Tunisie, une simple publication sur Facebook peut entraîner des années de prison. Le décret 54, surtout son article 24, est détourné pour réprimer journalistes et citoyen·nes plutôt que lutter contre la cybercriminalité. Malgré les demandes de réforme de plusieurs partis et parlementaires, y compris de la part de parlementaires fidèles au gouvernement, la présidence du Parlement bloque toute initiative législative.
Sonia Dahmani, avocate et chroniqueuse, a été condamnée ce lundi 30 juin à deux ans de prison ferme sous le controversé décret 54. Une décision qui ravive les inquiétudes autour de la liberté d'expression en Tunisie.
Sous pression politique, économique et judiciaire, la presse tunisienne traverse une crise profonde. En reculant de 11 places au classement RSF 2025, la Tunisie signe l’un de ses pires bilans depuis 2011, illustrant la dégradation accélérée des libertés fondamentales.
À Gaza, la situation des journalistes est encore plus dramatique. Plusieurs reporters et correspondants ont été tué·es ces dernières années dans l’exercice de leur métier, pris·es pour cible lors des bombardements ou dans des attaques directes. Leur
travail pour informer le monde sur la réalité du génocide à Gaza se fait dans des conditions extrêmement dangereuses, où chaque reportage peut coûter la vie. Ces assassinats rappellent tragiquement que la liberté de la presse n’est pas seulement menacée
par des lois ou la censure, mais aussi par la violence physique qui frappe celles et ceux qui osent documenter la vérité.
Anas al-Sharif, journaliste emblématique d'Al Jazeera à Gaza, a été tué le 10 août dans une frappe israélienne contre un camp de presse devant l'hôpital al-Shifa. Avec lui, Mohammed Qreiqeh, Ibrahim Zaher, Mohammed Noufal et Moamen Aliwa ont perdu la vie. L'équipe qui travaillait dans une tente à proximité de l’hôpital, a été ciblée par un drone de l’armée israélienne.
Les coulisses du sport tunisien
L’année 2025 a également été marquée par des tensions autour du football tunisien et de ses institutions. Sur les terrains, les groupes d’Ultras ont continué à subir un encadrement sécuritaire strict, parfois violent, qui ne s’arrête pas aux abords
des stades. Face à ces politiques répressives, ces supporters, unis par leur passion pour le sport, ont répondu par des formes de résistance et d’expression collective, nourries par les matchs à huis clos, les interdictions de déplacement et les
arrestations ciblées. Inkyfada est allée au cœur de ce mouvement pour rendre compte de cette dynamique entre passion sportive et lutte contre la répression.
Dans les stades tunisiens, les supporters côtoient la répression policière jusque dans les gradins. Unis par leur passion pour le football, les groupes ultras subissent et résistent malgré tout à la politique coercitive des autorités, entre huis clos, interdictions de déplacement et arrestations. Mais cette situation ne fait qu’alimenter la frustration et renforcer la détermination de ces supporters prêts à tout. Reportage au cœur des cercles ultras.
Parallèlement, les institutions sportives ont été mises à l’épreuve. La Fédération tunisienne de football, longtemps perçue comme un symbole d’unité, a révélé ses fragilités structurelles et financières. Entre gestion déficiente, conflits d’intérêts
et pressions politiques, l’institution peine à se relever, même après l’élection de son nouveau président. De son côté, la Fédération tunisienne de tennis a traversé douze années de direction autoritaire sous Salma Mouelhi, où le pouvoir centralisé
et le manque de transparence ont créé un climat de tensions internes. Inkyfada est revenue sur ces trajectoires pour éclairer les coulisses de l’administration sportive et les mécanismes de pouvoir qui façonnent le sport tunisien aujourd’hui.
Tout juste débarquée de la Fédération Tunisienne de Tennis, Selma Mouelhi s’est accrochée au pouvoir pendant 12 ans, dirigeant d’une main de fer une institution minée par l’opacité et les tensions internes.
Mehrez Boussayene, à la tête du Comité national olympique tunisien depuis plus de dix ans, a longtemps été perçu comme une figure du sport national. Il incarne aujourd’hui les dérives d’un système en déclin avec des promesses sans lendemain, des décisions opaques et des résultats décevants... Derrière les trois médailles ramenées de Paris, inkyfada retrace les les contours d’une délégation en chute libre, conséquence d’une gestion contestée.
Longtemps perçue comme fédératrice, désormais marquée par des années de gestion trouble, de conflits d’intérêts et de pressions politiques, la Fédération tunisienne de football vacille, au bord de la faillite. Derrière l’élection de Moez Nasri, inkyfada retrace les mécanismes d’une institution toujours sous l’emprise du passé.
L’écologie en crise
L’année 2025 a également marqué un tournant dans la question écologique en Tunisie. L’ampleur de la crise qui a éclaté à Gabès en septembre a révélé la vulnérabilité du système environnemental face aux pollutions industrielles et aux impacts du changement
climatique, tandis que la transition énergétique nationale poursuivait son chemin sans répondre pleinement aux besoins locaux. Inkyfada a documenté la détresse des communautés de pêcheurs dans le Sud, confrontées à des conditions climatiques extrêmes
et à la prolifération des « bateaux kess » qui détruisent les fonds marins et mettent en péril leurs moyens de subsistance, notamment autour de l’archipel de Kerkennah. Dans le même temps, nos investigations ont mis au jour la culture illégale de
soja génétiquement modifié dans plusieurs gouvernorats, une pratique non encadrée par les autorités qui aggrave la crise des aliments pour bétail et menace l’équilibre écologique et économique du pays.
Présentée comme une réponse à la crise fourragère, une nouvelle culture s’installe discrètement dans les champs tunisiens. Derrière le soja, des semences génétiquement modifiées, introduites sans encadrement, dans un silence institutionnel total.
Autour de Kerkennah, la mer est devenue un champ de bataille où les traditions de pêche sont confrontées à la modernité destructrice du chalutage informel. Derrière ce conflit, c'est l'écosystème marin et la survie des pêcheurs locaux qui sont en jeu.
Regards sur la société
Inkyfada a documenté les mutations profondes de la société tunisienne, de la montée du chômage à la multiplication des mouvements de protestation, en passant par la régression des libertés individuelles, en les analysant à l’aune des transformations
socio-économiques et politiques du pays.
Le mardi 29 juillet, des diplômé·es universitaires en situation de chômage prolongé manifestent dans plusieurs régions du pays pour dénoncer la “politique de tergiversation” menée par les autorités. Une mobilisation nourrie par une forte déception : beaucoup espéraient qu’un décret présidentiel finirait par leur rendre justice à l’occasion du 25 juillet.Mais depuis des années, les promesses se répètent, les désillusions aussi, et les vies des demandeur·ses d’emploi restent en suspens.
Depuis le début de l’année, une vague de suicides par immolation remet en lumière un phénomène ancré depuis la révolution, bien que ce mode d’expression ait ralenti ces dernières années. Si ce mode de suicide est souvent perçu comme l’expression d’une colère sociale, il résulte avant tout de détresses profondes liées à des troubles psychiques, révélateur de l’état de la santé mentale des victimes.
En Tunisie, les marchés aux moutons connaissent cette année un net ralentissement. En cause : la flambée des prix, qui empêche de nombreux foyers d’acheter une bête et de célébrer le rituel de l’Aïd. Alors que le ministère du Commerce annonce l’importation de viande roumaine congelée pour “faire pression sur les prix”, la réalité du terrain en dit autrement.
Les violences en milieu scolaire en Tunisie ne sont pas de simples incidents isolés. Dans ce dernierépisode, nous explorons les causes structurelles et les facteurs systémiques qui les nourrissent, ainsique les limites des dispositifs existants pour les prévenir et les gérer.
À l’occasion du 13 août, date de la promulgation du Code du statut personnel en 1956, nous revenons sur un long et complexe parcours de luttes des femmes en Tunisie, entre le récit officiel qui attribue exclusivement le mérite à Habib Bourguiba, et les efforts féministes et féminins qui ont ouvert la voie avant, pendant et après l’indépendance. Où en sont aujourd’hui les droits des femmes, notamment après les profondes mutations politiques depuis le 25 juillet 2021 ?
Nos nouveautés
Inkyfada a lancé le format news à travers la rubrique
À chaud, une dépêche détaillée et visuelle, fidèle à l’identité éditoriale d’Inkyfada. À chaud a couvert et analysé plusieurs actualités majeures, nous permettant de renforcer notre positionnement et notre visibilité sur la scène médiatique.
Le 11 avril 2025, le Bureau du Conseil de l’Assemblée des représentants du peuple a reçu une proposition de loi fondamentale sur l’organisation de la Cour constitutionnelle. Après avoir été transmise à la commission législative générale, cette initiative a provoqué un débat intense, jusqu’à ce que cinq député·es retirent leurs signatures, entraînant ainsi la chute du projet.
Côté podcast, Inkyfada a transformé ses articles historiques de la série “
Au-dessous des dates” en épisodes audio, afin de raconter et de commémorer les événements qui ont façonné l’histoire de la Tunisie, avec une approche à la fois pédagogique et sensible aux récits humains.
Le 12 mai 1881, un traité fondamental dans l’histoire de la Tunisie est signé : le traité du protectorat français. Mais derrière cette date se cache une réalité bien plus complexe, marquée par des abus de pouvoir, des tensions géopolitiques et des défis économiques. Ce jour-là, sous couvert d’un accord diplomatique, c’est en réalité un marché pour l’occupation de la Tunisie qui se conclut.Inkyfada explore les coulisses de cet accord historique : s’agissait-il d’un traité imposé ou d’une décision politique née d’un jeu de forces et de pressions militaires ?
“J’ai vu les avions. Ils étaient gris et autour d’eux crépitaient des lumières telles les flashes des photographes. Quatre avions ont effectué le bombardement. Ensuite, deux autres sont venus. Puis le groupe de six avions est reparti du côté de la mer.” (Le Temps, 2 octobre 1985)
Le 1er juin 1955, Habib Bourguiba rentre en Tunisie après trois années d’exil, accueilli par une foule immense dans une scène qui façonne les premiers contours du récit national tunisien. Ce retour n’a rien de spontané : il s’agit d’un moment fondateur soigneusement orchestré pour consacrer l’image du leader et du héros incarnant la nation.
Nos rubriques permanentes
Lancée en 2024, Inkyfada Diaspora continue de documenter les parcours de la diaspora maghrébine en Europe, et particulièrement en France, en donnant voix aux enjeux sociaux, économiques et culturels qui façonnent leur quotidien. Entre ambitions personnelles,
précarité et quête d’indépendance, ces parcours mettent en lumière les difficultés rencontrées face aux contraintes administratives et aux politiques migratoires européennes, ainsi que l’impact psychologique et financier de ces situations. Nos enquêtes
s’inscrivent également dans le contexte plus large des réformes européennes, comme le nouveau Pacte sur la migration et l’asile, qui redéfinit la gestion des migrations et les conditions de séjour des ressortissant·es maghrébin·es.
Installée à Paris depuis un an, Lilia*, 34 ans, a quitté Strasbourg pour rejoindre la capitale où elle poursuit un master en communication en alternance. De la Tunisie à la France, elle navigue entre ambition, précarité et recherche d'indépendance.
Le choix d'une sélection nationale pour un joueur binational dépasse le cadre sportif : il engage famille, identité et enjeux géopolitiques, opposant grandes nations européennes et pays du Maghreb.
Adopté en avril 2024 et porté comme une réforme historique par la Commission européenne, le nouveau Pacte sur la migration et l'asile est présenté comme comme un “système commun de gestion des migrations à l’échelle de l’Union” et redessine les contours
de la politique migratoire de l'Union européenne
Photoreportages
À travers nos photoreportages, en collaboration avec des photographes indépendants, nous explorons la société tunisienne dans toute sa diversité.
Le 15 août, à l’église Saint-Augustin et Saint-Fidèle de La Goulette, la procession de la Madone de Trapani renaît chaque année comme un symbole de partage et de pluralisme. Ce rituel marial, façonné par l’histoire locale, est aujourd’hui davantage qu’un culte : il incarne une Tunisie où chrétiens, musulmans — et parfois juifs — marchent côte à côte.