Quand l'eau en bouteille devient une source rare en Tunisie

Pour Nour*, acheter de l'eau en bouteille n'est pas un simple choix de consommation. Depuis Ramadan 2026, elle souffre de calculs et d'une inflammation des reins et affirme que son médecin lui a recommandé de boire de l'eau minérale. Avec la disparition des bouteilles dans les commerces proches de chez elle, elle s'est tournée vers l'eau des sources et des puits.
Par | 12 Septembre 2026
20 minutes
Disponible en arabe
J e suis obligée de boire de l'eau minérale pour préserver ma santé, et aujourd'hui je n'en trouve plus. J'ai dû me tourner vers l'eau des puits et des sources, et chaque jour je vis dans l'espoir de trouver une bouteille qui me suffira jusqu'au lendemain."

L'histoire de Nour ne se résume pas uniquement à une pénurie de marchandises sur les rayons d'un magasin. Durant l'été 2026, la bouteille d'eau minérale est devenue le principal produit que les consommateurs cherchent d'un commerce à l'autre. Dans certaines régions, les camions de distribution n'arrivent qu'à intervalles irréguliers, et leurs cargaisons s’écoulent à un rythme effréné. 

Le 1er septembre, le ministère du Commerce a annoncé un plan exceptionnel visant à renforcer l'approvisionnement. Celui-ci prévoit la distribution de plus de 9 millions de bouteilles au format familial, pour une capacité d'environ 2,3 millions de litres par jour, à raison de 156 camions par jour. Dans l'un des grands centres commerciaux, la distribution d'eau est passée d'environ 160 000 bouteilles sur la même période de l'année précédente à 1,16 million de bouteilles en trois jours.

Le ministère a également annoncé des mesures de contrôle après l'enregistrement de pratiques liées à la spéculation et à la rétention de stocks dans le secteur.

Les trois facteurs de la crise de l'eau en bouteille

Selon Houssem Saad, membre de l'organisation Alert, il n’y a pas une explication unique à cette crise de l'eau en bouteille. En effet, elle est le résultat du croisement de trois facteurs : des facteurs structurels, des circonstances conjoncturelles et une gestion de la crise qui, à son tour, en a accentué les effets.

Saad place au premier rang des facteurs structurels la baisse des stocks stratégiques d'eau en bouteille, qui étaient censés permettre d'absorber la hausse saisonnière de la demande et de faire face aux chocs soudains. En l'absence d'un stock consolidé, le marché est devenu plus vulnérable à toute perturbation de la production ou de l'approvisionnement.

Les facteurs conjoncturels concernent d'une part, la production et l'approvisionnement, et d'autre part, la demande et la consommation. Du côté de la production, les coupures d'électricité ont perturbé le fonctionnement de plusieurs unités de mise en bouteille, tandis que Saad évoque des retards dans l'arrivée de certaines matières premières importées de Chine, dans un contexte de perturbations du trafic maritime dans la région. De l'autre côté, la hausse des températures durant l'été a entraîné une augmentation exceptionnelle de la demande en eau en bouteille, ce qui a épuisé plus rapidement les stocks disponibles.

Selon cette lecture, la fragilité des stocks, les perturbations de la production et de l’approvisionnement, ainsi que la forte hausse de la demande ont progressivement déséquilibré le marché, transformant une perturbation conjoncturelle en une crise plus large. 

Mais Saad estime que la crise ne s'est pas limitée aux facteurs structurels et conjoncturels : elle s'est également aggravée en raison de la manière dont elle a été gérée. Il considère que la nouvelle tarification fixée par le ministère du Commerce, ainsi que le discours officiel qui a accompagné la crise, ont contribué à accroître l'inquiétude des consommateurs. Selon lui, le discours politique n'a pas été suffisamment pédagogique pour expliquer les raisons de la pénurie et les mécanismes permettant d'y faire face. Il s'est plutôt concentré sur les "spéculateurs" et les "comploteurs", ce qui, selon lui, n'a pas contribué à rassurer les consommateurs.

Houssem Saad établit un lien entre cette situation et ce qu'il considère comme un comportement défensif des consommateurs : l'inquiétude et le manque de confiance ont poussé certains citoyens à acheter des quantités supérieures à leurs besoins et à les stocker, augmentant ainsi la pression sur le marché au lieu de la réduire.

Un autre facteur évoqué par le responsable d’Alert est celui lié aux interventions de contrôle durant la période de crise. Il indique qu’entre le 21 et le 24 août, les autorités ont interrompu l'activité de certains vendeurs d'eau de source dans les quartiers populaires et ont dressé des procès-verbaux à leur encontre pour non-respect des conditions sanitaires. Selon Saad, ces interventions ont réduit les possibilités d’alternatives pour les consommateurs au moment où l'eau en bouteille se faisait rare, accentuant ainsi la pression sur le marché.

Une demande exceptionnelle et une production sous pression

Depuis le début de la crise, la Chambre syndicale nationale de l'industrie des boissons non alcoolisées a avancé une explication reposant sur deux principaux facteurs : l'augmentation de la demande durant la période de fortes chaleurs et les coupures d'électricité qui ont affecté plusieurs unités de production. Selon les déclarations du secteur, la demande a augmenté d'environ 30% par rapport aux niveaux habituels.

Dans le même temps, les coupures d'électricité ont affecté plusieurs unités de mise en bouteille, entraînant dans certains cas l'arrêt de la production et perturbant les opérations d'approvisionnement.

Selon la Chambre syndicale, cela a conduit à l'arrêt de certaines lignes de production et contraint certaines unités à effectuer des opérations de maintenance et de redémarrage. Elle a également indiqué que la hausse de la demande avait épuisé une partie des stocks de réserve constitués par les entreprises en prévision de la période de pointe.

Dans une lecture plus détaillée de la crise, Houssem Saad estime que le principal problème structurel réside dans l'absence d'un stock stratégique d'eau en bouteille capable d'absorber les chocs soudains. Il affirme que les entreprises tendent désormais à fonctionner selon une politique "Just in time", c'est-à-dire en se limitant aux stocks nécessaires et en évitant de conserver de grandes quantités pendant de longues périodes.

Il ajoute que le cadre juridique de lutte contre la spéculation a rendu certains acteurs économiques plus prudents dans la constitution de stocks importants, par crainte que ceux-ci soient considérés comme un stockage visant à créer une pénurie ou à influencer le marché. Cette analyse reste toutefois celle de Houssem Saad : les données disponibles ne permettent pas, à elles seules, d'établir un lien direct entre ce cadre juridique et la pénurie d'eau en bouteille.

En effet, le décret n°14 de 2022 relatif à la lutte contre la spéculation illégale vise initialement à garantir la régularité de l'approvisionnement du marché et à sécuriser les circuits de distribution. Il considère le stockage ou la dissimulation de marchandises dans le but de créer une pénurie ou de perturber l'approvisionnement comme des actes de spéculation illégale.

D'un autre côté, Saad relie une partie de la fragilité des stocks à l'évolution des conditions des transactions commerciales après la réforme du système des chèques bancaires. Il affirme que certains acteurs s'appuyaient auparavant sur les chèques comme moyen de garantie leur permettant de constituer d'importants stocks, ce qui serait devenu plus difficile, selon lui, après l'entrée en vigueur de la loi n°41 de 2024.

La loi pénalise effectivement l’utilisation d’un chèque à titre de garantie dans les cas définis par le nouvel article 411 du Code de commerce. Toutefois, cette évolution législative ne permet pas, à elle seule, d’expliquer la baisse des stocks d'eau en bouteille. À ce stade, celà relève d'une hypothèse économique avancée par Saad, dont l'impact ne pourrait être mesuré qu'à partir de données fournies par les entreprises et les distributeurs.

Pour Houcine Rhili, expert en ressources hydriques et en développement, les coupures d'électricité constituent un facteur central de la crise sur le plan de la production. Selon lui, elles affectent directement les unités de mise en bouteille, dont l'ensemble du processus de production dépend de l'électricité, depuis la transformation des matières plastiques en bouteilles jusqu'à leur remplissage.

Quand le stock devient lui-même source de fragilité

L'objectif du stock est de permettre d'absorber les périodes de forte demande et d'éviter les ruptures d'approvisionnement. Rhili explique que les unités de production étaient censées disposer de réserves suffisantes pour couvrir environ dix à quinze jours de consommation. Les acteurs économiques, eux, avaient également pour habitude de renforcer leurs stocks pendant les périodes de faible demande, afin d'anticiper le pic de consommation estival.

Pour Saad comme pour Rhili, la constitution de stocks importants est toutefois devenue plus délicate dans le contexte du renforcement du cadre juridique contre le stockage et la spéculation. Selon eux, la crainte de voir certains stocks assimilés à des pratiques de rétention ou de spéculation pourrait avoir conduit des entreprises à limiter leurs réserves. 

Au-delà du seul marché de l'eau en bouteille, cette situation met en évidence un équilibre difficile à trouver. Le marché doit disposer de stocks suffisants pour répondre aux périodes de forte demande, notamment en été, tandis que l'État cherche à prévenir les pratiques de stockage susceptibles de favoriser la rétention ou la spéculation. Entre ces deux objectifs, déterminer le niveau de stock nécessaire et les mécanismes de son contrôle devient une composante de la gestion de la crise.

Les chèques : un maillon de la chaîne d'approvisionnement

La question des stocks s'étend aussi à la manière de les financer. Un commerçant qui achète de grandes quantités d'eau durant l'hiver en prévision de la demande estivale, a besoin d'un financement ou d'un mécanisme lui permettant de différer le paiement.

Houssem Saad estime que la modification du système des chèques a changé cette relation commerciale, notamment pour les acteurs qui ne disposent pas des liquidités suffisantes pour acheter de grandes quantités à l'avance. Il affirme que certains commerçants utilisaient les chèques comme moyen de garantie pour constituer des stocks atteignant, selon lui, des millions de bouteilles.

Mais cette explication ne suffit pas, à elle seule, à déterminer l'impact de la loi sur les chèques sur la crise de l'eau en bouteille. Établir ce lien nécessite de comparer les conditions de financement avant et après la réforme et de déterminer si les entreprises et les grossistes ont effectivement réduit leurs stocks en conséquence.

La bouteille en plastique, un enjeu déterminant 

Même lorsque les unités d'embouteillage fonctionnent, la chaîne d'approvisionnement ne s'arrête pas aux portes de l'usine. L'eau nécessite des contenants en plastique et, parmi les matières essentielles de cette industrie figurent les préformes en PET, qui sont transformées au sein de l'usine en bouteilles prêtes à être remplies.

Houcine Rhili fait état de perturbations dans l'approvisionnement en certaines matières premières utilisées pour fabriquer les bouteilles, notamment les préformes.

La Tunisie produit une partie de ces matières localement par l'intermédiaire de la société SIPA, fondée en 2004 dans la zone industrielle de Zriba, dans le gouvernorat de Zaghouan. Selon ses données officielles, l'entreprise affiche une capacité annuelle de 400 millions de préformes en PET, ainsi que 800 millions de bouchons.

Toutefois, le fait qu'une partie des préformes soit produite localement ne permet pas, à lui seul, de conclure que les difficultés d'approvisionnement en PET ont été à l'origine de la crise de l'été 2026. Les matières premières constituent un maillon de la chaîne d'approvisionnement, mais leur disponibilité ne suffit pas à expliquer, à elle seule, les tensions sur le marché. La production d'eau en bouteille repose sur plusieurs facteurs interdépendants, notamment les facteurs industriels, l'énergie et le transport, auxquels s'ajoute la disponibilité de l'eau elle-même.

Un marché qui a doublé en trois décennies

La Tunisie n'a pas toujours été aussi dépendante de l'eau en bouteille. Le secteur a connu une expansion rapide au cours des dernières décennies. Une étude académique s'appuyant sur les données de l'Office national du thermalisme et de l'hydrothérapie (ONTH), indique que le nombre d'unités d'embouteillage est passé de sept en 1990 à 29 en 2020, tandis que la production d'eau en bouteille est passée d'environ 80 millions de litres en 1990 à 2,7 milliards de litres en 2020.

Cette progression ne s'explique pas uniquement par la hausse du nombre d'usines. Elle témoigne aussi de la place croissante prise par l'eau en bouteille dans les habitudes de consommation. Dès lors, une perturbation de l'approvisionnement ne touche plus seulement les producteurs et les acteurs du secteur, mais directement les ménages pour lesquels l'eau en bouteille est devenue un produit de consommation courante.

Concernant la consommation individuelle, les dernières données relayées par l’ONTH indiquent que la consommation annuelle moyenne a atteint environ 241 litres par personne en 2024, contre 225 litres en 2020.

En septembre 2026, plusieurs sources médiatiques ont repris ce chiffre, indiquant que la consommation nationale avait atteint près de trois milliards de litres en 2024. Ces données doivent toutefois être distinguées : les 241 litres correspondent à une consommation annuelle moyenne par personne, et non à un volume de production. De même, les trois milliards de litres renvoient à la consommation nationale selon la source citée, sans permettre d'affirmer qu'un volume équivalent a été produit au cours de la même année.

31 unités de mise en bouteille et un marché réparti à travers le pays

Avec l'expansion du marché, le nombre d'unités de mise en bouteille a également augmenté. Alors que les données de l'étude académique indiquent 29 unités en 2020, la directrice de la communication de l'Office national du thermalisme et de l'hydrothérapie a déclaré en février 2026 que la Tunisie comptait 31 unités d'embouteillage d'eau, avec une capacité de production d'environ 500 000 bouteilles par heure.

Mais le chiffre à lui seul ne permet pas de comprendre la nature du marché. Une unité industrielle n'est pas nécessairement une entreprise indépendante, et une marque commerciale n'est pas nécessairement une unité de production. Une même entreprise peut posséder plusieurs marques ou exploiter plusieurs unités.

La relation des Tunisien·nes à l'eau du robinet

Si les Tunisien·nes consomment des quantités croissantes d'eau en bouteille, une partie de l'explication tient à leur relation avec l'eau du robinet.

Dans le rapport statistique annuel de la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux, 57 504 analyses bactériologiques ont été réalisées en 2023. Les résultats ont montré que 97,9% des échantillons étaient conformes aux normes, en plus d'analyses physiques et chimiques des eaux distribuées.

Mais la conformité des échantillons aux normes n'efface pas l'expérience quotidienne du consommateur. Le goût, l'odeur et la salinité, ainsi que les coupures d'approvisionnement, peuvent affecter la confiance dans l'eau distribuée.

C'est ce que montre une étude académique publiée en 2025 dans la revue Applied Economic Perspectives and Policy. L'étude a porté sur 834 ménages du Grand Tunis et a conclu que la qualité de l'eau du robinet était le facteur ayant le plus d'influence sur la décision de consommer de l'eau en bouteille.

Les chercheurs ont constaté que 79,5% des ménages de l'échantillon achetaient régulièrement de l'eau en bouteille pour leur consommation domestique. Parmi les personnes interrogées, 40% considéraient que la qualité de l'eau du robinet était mauvaise, 44,6% la jugeaient très mauvaise, 57,6% estimaient que le goût posait problème, tandis que 76,5% exprimaient des inquiétudes quant aux effets de l'eau du robinet sur la santé.

Ces pourcentages ne sont pas des données nationales, mais les résultats d'une étude menée auprès d'un échantillon de ménages du Grand Tunis. Ils constituent toutefois un indicateur important de la relation entre la confiance dans l'eau du robinet et le recours à l'eau en bouteille.

Hamza Elfil, chercheur au Centre des recherches et des technologies des eaux (CERTE), estime que la crise ne doit pas être considérée uniquement comme une crise de l'eau minérale. Selon lui, le besoin fondamental est celui d'une eau potable de qualité acceptable et fiable. À mesure que le recours à l'eau du robinet diminue, l'usage de l'eau en bouteille tend à s'accroître.

Les coupures influencent les habitudes de consommation

Au-delà de la qualité perçue de l'eau, un autre facteur joue plus directement sur les habitudes de consommation : sa disponibilité au robinet. Face aux coupures répétées, les ménages cherchent une solution de remplacement. Avec la hausse des températures, cette précaution ponctuelle peut alors se transformer en un recours quotidien à l'eau en bouteille.

Cela ne signifie pas que chaque coupure entraîne automatiquement l'achat d'une bouteille. Mais lorsque les interruptions se multiplient en période de forte chaleur, elles rendent le marché plus sensible à toute perturbation de la production ou de la distribution.

Dans ce contexte, la bouteille dépasse son seul statut de produit de consommation : elle constitue une petite réserve domestique, permettant aux ménages de faire face à l'interruption temporaire d'un service essentiel.

Quand la bouteille disparaît, les alternatives apparaissent

Lorsque l'eau en bouteille a disparu des commerces, certains consommateurs se sont tournés vers les sources, les puits, les citernes et les commerces vendant de l'eau traitée. Mais ces différentes sources ne sont pas soumises au même niveau de contrôle sanitaire, ni aux mêmes garanties pour les consommateurs.

Hamza Elfil met en garde contre le fait de les considérer comme une alternative sûre. Par exemple, l'eau transportée dans des citernes ne dépend pas uniquement de sa source, mais aussi de la propreté du réservoir et des conditions de transport et de stockage. Quant à l'eau provenant des puits et des sources, son origine naturelle ne constitue pas à elle seule une garantie de qualité sanitaire. Sa potabilité dépend notamment de la qualité de la ressource et des contrôles auxquels elle est soumise.

Pour Nour, le recours aux puits et aux sources n'était pas un choix, mais une solution de remplacement face à la disparition de l'eau en bouteille des commerces. Cette situation met en lumière une contradiction : alors que certains consommateurs se tournent vers l'eau en bouteille parce qu'ils doutent de la qualité de l'eau du robinet, la pénurie peut les contraindre à recourir à d'autres sources dont la qualité sanitaire et le niveau de contrôle sont moins bien établis.

Un prix encadré mais une disponibilité sous tension

Au cœur de la crise, le ministère du Commerce est intervenu pour réglementer les prix de l'eau en bouteille.

La décision du 19 août 2026 a instauré un plafond des prix selon le volume de la bouteille : 600 millimes pour un demi-litre, 800 millimes pour un litre, 850 millimes pour 1,5 litre et 950 millimes pour deux litres. Elle a également fixé la marge bénéficiaire brute maximale dans la distribution en gros et au détail à 15 millimes, selon le communiqué du ministère.

En apparence, la crise a commencé dans les commerces et pouvait sembler se résoudre avec le retour des camions et le réapprovisionnement des rayons. Mais l'épisode a révélé des fragilités bien plus profondes.

La place croissante de l'eau en bouteille dans les habitudes de consommation s'est accompagnée de la persistance de plusieurs problèmes qui pèsent sur le rapport des citoyens à l'eau du robinet : les coupures, les différences de goût et de salinité selon les régions, ainsi que les inquiétudes d'une partie des consommateurs quant à la qualité de l'eau.

Les bouteilles pourraient progressivement faire leur retour dans les rayons avec la stabilisation de la production et de la distribution, ainsi qu'avec le recul de la demande lié à la vague de chaleur. La pénurie de l'été 2026 pourrait alors prendre fin comme d'autres crises avant elle, avec le retour du produit sur le marché. Mais pour Nour, il n'est plus question de choisir une marque en particulier ou une bouteille plutôt qu'une autre. Face aux rayons vides, elle cherche simplement à trouver de l'eau.

C'est à ce moment que la question de l'eau en bouteille prend une dimension qui dépasse le seul marché. Lorsque trouver une bouteille d'eau devient une préoccupation quotidienne, en acheter ne relève plus simplement d'un choix de consommation, mais d'une nécessité vitale.

Ainsi, pour une partie des ménages, la bouteille est devenue un moyen de faire face aux coupures d'eau, aux inquiétudes sur sa qualité et à la hausse des températures.

Dans le même temps, l'eau du robinet reste un service public censé être disponible et fiable, tandis que les ressources souterraines qui alimentent une partie du marché de l'eau en bouteille nécessitent une surveillance rigoureuse.

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