Au cœur des réseaux de trafic d’êtres humains en Libye

 “Même d’ici, à Agadez, je peux vous vendre en Libye. Parce que tous les passeurs qui sont ici connaissent les bons et les mauvais chauffeurs. Ils savent très bien à qui s’adresser s’ils veulent vendre leurs migrants”, affirme Abdoulaye*, un migrant devenu passeur au nord du Niger. Même s’il dit que ce n’est pas son intention, les migrant·es qu’il envoie en Libye se retrouvent parfois au cœur des réseaux de trafic d’êtres humains.  
Par | 01 Décembre 2020 | 15 minutes | Disponible en arabeanglais
Agadez, nord du Niger. Abdoulaye commande une omelette puis se tourne face à la rue sur laquelle s’ouvre le restaurant. Il observe les taxi-motos et les vendeurs ambulants qui sillonnent la route ensablée. La première fois qu’il est venu ici, c’était dans l’objectif de traverser le désert pour atteindre l’Europe. Mais après avoir été arrêté par les garde-côtes libyens en mer Méditerranée, il a été contraint de faire demi-tour. 

Aujourd’hui, il est passeur. Il accueille les migrant·es lorsqu’ils et elles arrivent à Agadez, leur trouve un logement et les livre ensuite à des chauffeurs qui les transporteront jusqu’à Gatrone, Sebha ou Tripoli.

À des milliers de kilomètres, à Médenine, dans le sud de la Tunisie; Ahmed* est assis en tailleur dans l’appartement que lui a loué le UNHCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés]. Il joue au Ludo. La pièce ne contient qu’un matelas, une multiprise, une couverture et un grand tapis bleu au logo de l’agence des Nations Unies. Ahmed pose son téléphone, s’allume une cigarette et fait signe qu’il est prêt à parler. Lui, il a quitté la Somalie pour fuir le groupe armé Al-Shabaab. “J’ai perdu trois années de ma vie en Libye, combien d’argent aurais-je pu gagner pendant ce temps ? Combien d’enfants aurais-je ?”, se demande-t-il. 

Fatimah*, elle, a passé deux ans en Libye. C’est le régime totalitaire et le service national à durée indéterminée qui l’ont poussée hors de l’Érythrée. “Nous avons peur et nous sommes complètement traumatisés”, prévient-elle. Tout comme Ahmed, elle a fui la Libye par la frontière terrestre pour tenter de trouver refuge en Tunisie. La jeune femme pose son coude sur la table et cale son visage sur son poing. Ses grands yeux noirs sont empreints de colère et de désespoir. 

Comme Abdoulaye, Ahmed et Fatima racontent une facette du trafic d’êtres humains en Libye. Leur version est la même que 50 autres victimes qui ont accepté de témoigner. Sommées d’appeler leur famille pour leur demander de payer leur libération, elles sont ligotées, battues, violées. Le montant des rançons ne cesse d’augmenter et les techniques de torture se développent. “En Libye, il n’y a pas de refus. Si tu refuses, tu meurs”, répète Abdoulaye. 

Macabre désert

C’est souvent dans le Sahara que l’horreur commence. À partir d’Agadez au Niger, jusqu’au sud de la Libye, il faut compter cinq jours de traversée. Depuis Karthoum, au Soudan, le voyage peut prendre plusieurs semaines. C’est cette route qu’ont empruntée Ahmed et Fatimah. “À chaque fois que nous arrivions dans une nouvelle ville, nous changions de voiture. Et nous ne voyagions que de nuit”, explique Ahmed. 

Les passeurs, comme Abdoulaye, sont organisés en réseau. Depuis les pays d’origine jusqu’à destination, ils se chargent de rassembler les migrant·es dans chaque ville étape et d’organiser leur transfert vers la prochaine escale. “Moi, par exemple, je demande 1000 dinars libyens [2000 dinars tunisiens] à un migrant pour aller jusqu’à Tripoli, je le confie ensuite à un chauffeur. Je garde 250 dinars [500 dinars tunisiens] pour moi, le reste c’est pour le conducteur”, explique Abdoulaye. 

Parce qu’il a lui-même souffert en Libye en tant que migrant, il assure qu’il tient à travailler avec des transporteurs de confiance, qui amènent ses migrant·es à bon port et en sécurité. Mais il reconnaît qu’il ne sait pas toujours ce qu’il advient de ses client·es après avoir quitté Agadez. “Une fois, j’avais remis mes migrants à un chauffeur guinéen. Il a pris tous mes gens et il les a vendus [en Libye]”, raconte-t-il d’un ton détaché.

Pour la traversée du désert, entre 25 et 30 personnes sont embarquées à l’arrière d’un pick-up. Entassées les unes sur les autres, leur premier souci sera de survivre au périple. Entre la soif, les dangers de la route, la peur des chauffeurs de se faire arrêter par les autorités et la cruauté dont ils peuvent parfois faire preuve, les périls sont nombreux. 

Fatimah a des difficultés à parler de cette étape. Elle évite le sujet plusieurs fois avant de se confier. 

“Entre certaines villes, la voiture va très vite. Si quelqu’un tombe, ils ne s’arrêtent pas pour le ramasser. Le chauffeur et son assistant violaient les passagères. Les hommes qui étaient avec nous ne pouvaient rien faire. Ils étaient battus et certains se sont fait violer.  S’ils tentaient quoi que ce soit, ils étaient tués par balle”.

Pour Abdoulaye, cela ne fait aucun doute . “Obligatoirement, il y a des viols dans le Sahara. Parce que tu ne peux pas refuser, tous les chauffeurs sont armés. À Agadez, tu ne le vois pas. Ils gardent les armes sur la route et à partir de quelques kilomètres d’ici, tous ils sont armés”, affirme-t-il.

Arrivé à destination, en Libye, le chauffeur dépose ses passager·es dans une maison ou un hangar, et demande à être rémunéré. “Si après trois jours, le chauffeur n’a pas son argent, il prend les migrants et les amène dans une ‘maison de crédit’. Les chefs de la maison de crédit vont lui remettre son argent, le reste ce n’est pas son problème”, relate Abdoulaye. 

L'entrepôt

"Maison de crédit", "ghetto", "campo", "entrepôt", "prison", les établissements de tortures de migrant·es en Libye ne manquent pas de dénomination. Ces lieux se situent généralement en périphérie des villes ou sont dissimulés derrière plusieurs murs. Certaines personnes arrivent là parce qu’elles ont une dette à payer. D’autres ont été vendues par des kidnappeurs, des passeurs ou des chauffeurs qui les ont arnaquées. D’autres encore sont directement achetées dans les centres de détentions où sont reconduit·es les migrant·es lorsqu’ils sont arrêté·es dans la mer Méditerranée. 

 "Comme la mer Méditerranée est fermée, et que moins de migrants passent par la Libye, les passeurs sont obligés de nous vendre plusieurs fois pour gagner ce qu’ils gagnaient avant 2015", raconte une autre victime du trafic d’êtres humains. 

En 2015, à la suite de la conférence de La Valette, l’Union européenne a mis en place une série de mesures pour lutter contre la migration irrégulière. Pour de nombreux migrant·es et passeurs, certaines d’entre elles ont encouragé le développement du trafic d’êtres humains. 

Pour Abdoulaye, il s’est passé la même chose au niveau de la frontière terrestre. En 2016, avec les financements de l’Union européenne, le Niger a commencé à réprimer toutes les activités économiques liées à la migration. Avant, les passeurs convoyaient les migrant·es à travers le désert, escortés par l’armée. Selon lui, les passeurs, opérant à présent loin des regards des forces de l’ordre, ont alors développé les établissements de torture.

Les bourreaux y torturent les migrant·es et utilisent des téléphones pour faire écouter les cris de douleur aux proches de leurs victimes. Les chefs des maisons de crédit rentabilisent ainsi leur investissement. "Dans ces ghettos, si on t’achète à 300.000 FCFA [1475 dinars tunisiens], tu vas payer 800.000 FCFA [3940 dinars tunisiens] pour sortir. Même 5 FCFA ne doivent pas manquer", précise Abdoulaye. 

Les prix des rançons varient en fonction de la longueur du trajet, des passeurs, et de la nationalité des migrants. "Ce sont les Bengalis qui payent le plus cher. Ensuite, c’est nous, les Somaliens, puis les Érythréens. Les Ouest-Africains, eux, doivent payer moins", décrit Ahmed. 

Fatimah a été vendue deux fois. Elle a payé un total de 10.000 dollars [28.000 dinars tunisiens]. "Nous étions près de 500 personnes dans un grand hangar. Il y avait des gardes qui nous surveillaient, ils étaient armés. Il n’y avait pas de matelas, pas de couverture. Tu dors juste sur le sol avec les scorpions et les serpents. Quand il faisait chaud dehors, nous avions trop chaud à l’intérieur. Et lorsqu’il faisait froid, nous n’avions rien", se souvient-elle. 

"C’est fermé, tu ne vois aucune lumière. On dit que là-bas, les gens ne portent pas de vêtements. Ils restent en culotte parce qu’à chaque instant, on les sort et on les torture pour qu’ils fassent payer leurs parents", ajoute Abdoulaye.

Ahmed écrase sa cigarette. "Au total, mon frère et moi avons payé 63.000 dollars [173.000 dinars tunisiens] de rançon !", répète-t-il avec rage. "Nous n’avons pas cet argent !” Sa famille a dû vendre des maisons et des fermes qu’elle possédait. “D’autres mendient pour payer, ils demandent à la famille, aux voisins…", continue-t-il. Des groupes de collectes sont aussi organisés dans les églises et sur les réseaux sociaux. 

Afin de récupérer l’argent et éviter de se faire arrêter, les trafiquant·es ont mis en place des réseaux tentaculaires. Il est possible de payer ces rançons à des correspondant·es basé·es partout en Afrique, mais aussi en Europe, en Amérique du Nord et dans le Golfe persique. "Le chef de ma maison de crédit était en Ouganda. Il ne restait pas avec nous. Mais ma famille a payé ma rançon à Dubaï. Ils ne pouvaient pas l’envoyer directement au chef", explique Ahmed.  ”Ils sont malins ! Si tu es par exemple en Côte d’Ivoire, ils vont te donner un numéro au Ghana. Là-bas, ils ont un agent qui va récupérer la rançon. Quand tu as versé l’argent, il va appeler la maison de crédit pour dire que tu as payé et qu’ils peuvent te libérer".

Le paiement se fait via des compagnies de transferts monétaires, par téléphone, par transfert illicite ou en mains propres. "Si c’est mon frère qui paye, on va l’appeler et lui donner un rendez-vous en Érythrée pour qu’il donne l’argent de ma rédemption. Cash. Ma famille ne pouvait pas dénoncer le correspondant à l’étranger, car s’ils l'avaient fait, j’aurais été directement tuée en Libye. Ils n’avaient pas le choix", explique Fatimah. 

Au cœur de l’horreur

Ahmed se souvient en détail de la première fois qu’il s’est retrouvé entre les mains d’un trafiquant. "Avant d’appeler nos parents, ils nous ont prévenus : ‘Vous devez leur dire qu’ils doivent payer le plus rapidement possible. Si vous ne payez pas dans la semaine, vous tous ici, vous allez mourir’". Il avale sa salive avant de continuer.  "Les gens criaient : ‘Mais nous n’avons pas autant d’argent !’ 9000 dollars ! Ils pleuraient. Alors, le chef du campo est entré. Il a pris deux Somaliens et nous a dit : ‘Ceci est un exemple pour chacun d’entre vous’. Après les avoir frappés, il les a électrocutés avec une prise et un grand câble qu’il a branché sur leur gorge et sur leurs pieds. Ensuite, ils nous ont tous frappés. Ils ont appelé nos parents avec WhatsApp vidéo. Ils ont dit : ‘Vous voyez cette arme ?’ et ils tiraient au-dessus de nos têtes ou sous nos pieds", raconte le jeune Somalien. 

"Sur la Libye, tout ce qu’on dit, sache que c’est vrai", confirme Abdoulaye. Lui-même a été victime de la traite des migrant·es avant de devenir passeur. Il écoute aussi les histoires qui se partagent entre les membres du réseau. "On torture les gens en les attachant par les pieds au plafond. Parfois, ils prennent des sachets plastiques, ils les allument et ils les mettent sur la personne. Ils brûlent ! Ils prennent des couteaux, ils te coupent et ils mettent du sel. Ça, c’est arrivé à un de mes amis, il est devenu complètement fou maintenant".

“Ils prennent les femmes à l’extérieur pour les violer. Si elles refusent, ils les giflent ou bien ils les frappent avec des bâtons", témoigne Fatimah. "Je suis tombée enceinte. Après neuf mois, le bébé est mort. J’ai donné naissance à un bébé mort. Il y avait un homme érythréen qui avait quelques connaissances en infirmerie, c’est lui qui m’a aidée à accoucher. Après la naissance, il n’y avait même pas d’eau à boire. Tu ne peux pas te laver non plus. Dans ce genre de situations, les gens meurent et toi, tu attends simplement que ton heure arrive".

"Si quelqu’un meurt, cela prendra trois ou quatre jours avant qu’ils n’enlèvent le corps de la pièce. Ça va commencer à sentir et à changer de couleur… Nous dormons ici et il y a un cadavre juste là", ajoute Ahmed en grimaçant.

"Il y a des mamans qui s’inquiètent pour leur fils. Mais nous, qui sommes ici, on sait pertinemment qu’il n’est pas vivant. Mais personne n’osera dire à la famille : ‘Votre fils est mort’. On ne le dit pas", confie Abdoulaye. 

Apprendre à torturer

Différentes causes existent pour expliquer comment sont nées les maisons de crédit en Libye. La guerre, l’insécurité, la facilité de se procurer des armes et l’explosion du nombre de milices sont un terreau favorable au développement du trafic d’êtres humains. Mais la technique de réclamer les rançons par téléphone existait déjà auparavant. De 2009 à 2013, elle s’est développée dans le Sinaï. Selon Meron Estefanos, journaliste et activiste érythréenne, 30.000 personnes auraient été enlevées au cours de cette période et leurs ravisseurs auraient amassé un total de 622 millions de dollars [1,7 milliard de dinars tunisiens]. Aujourd’hui, la technique de torture par téléphone se propage, notamment au Yémen, au Soudan et en Libye. 

Dans les maisons de crédit, les membres de ces réseaux de trafic sont de nationalités différentes. "Ce sont des Noirs qui ont commencé à vendre les gens au niveau de Sebha. Après, les Arabes ont appris. Ghanéens, Nigériens, tous ont commencé ! Mais ce sont les Libyens qui sont les chefs", explique Abdoulaye. 

Les dirigeants de maisons de crédit s’associent notamment avec des personnes de la nationalité de leurs victimes. "La maison appartient aux Arabes, mais les gérants, ce sont des Noirs. Parce que les Libyens ne comprennent pas les langues des migrants.” Certains servent aussi d’indicateurs aux Libyens pour les informer sur la situation financière des migrant·es qu’ils ont acheté·es ou qu’ils pourraient capturer.

Il arrive aussi que des détenu·es soient forcé·es de se mettre au service de leur ravisseur. On ne leur demande plus de payer, mais de faire payer. "Il y avait un Soudanais, un Éthiopien et un Érythréen qui nous ouvraient la porte. Ils avaient des fusils et ils utilisaient un bâton. Un bâton en métal. Si tu essayais de t’enfuir, ils te tiraient dessus et te tabassaient. On se demandait comment un réfugié, comme nous, peut nous battre", se souvient Ahmed. "Un jour, l’un d’eux s’est tué. Il n’avait pas de mère, il n’avait pas de père. C’était juste un réfugié comme nous, mais il n’avait pas l’argent. Il était resté longtemps là-bas. C’est pour ça qu’il avait commencé à travailler pour eux, sans rien gagner,  gratuitement".

Un circuit sans fin

Parfois, les maisons de crédit se font attaquer et les migrant·es sont capturé·es. Même celles et ceux qui avaient déjà payé se retrouvent contraint·es de rappeler leur famille avec la même requête. Il  arrive même que les kidnappings de masse soient orchestrés pour forcer les victimes à payer une double rançon. "Même si tu leur envoies l’argent, ils ne te conduisent pas à la mer Méditerranée. Nous tous, nous avions payé. Nous sommes restés neuf mois dans le premier entrepôt. Puis, nous avons été envoyés vers un autre trafiquant. Celui-là demandait 2000 dollars [5490 dinars tunisiens] !", s’écrie Ahmed.

Quand, finalement, les migrant·es sont embarqué·es sur des bateaux de fortune pour tenter de traverser la mer Méditerranée, ils et elles sont très souvent arrêté·es par les garde-côtes libyens et jeté·es dans les centres de détention officiels. “Dans la prison où je suis allé, certains passeurs venaient pour acheter des gens. S’ils sont mauvais, ils te vendent aux maisons de crédit. S'ils sont bons, ils t’emmènent à la mer et tu payes encore pour tenter la traversée", explique Ahmed. Avec le temps, le jeune homme est désabusé.  

 "Même les Européens travaillent avec les Libyens. Ils donnent de l’argent aux garde-côtes qui nous vendent ensuite aux maisons de crédit", souligne-t-il.

Ahmed et Fatimah ont tous deux traversé illégalement la frontière pour chercher refuge en Tunisie. La jeune Érythréenne s’est retrouvée seule dans le foyer de Médenine avec ses macabres souvenirs, ses dettes envers sa famille et peu de perspectives d’avenir. “Parfois, je me dis que je devrais retourner en Libye, parfois je me dis que je devrais faire pire… me suicider", confie-t-elle. 

"Après un temps, ton cœur devient noir. La haine te prend. Maintenant j’ai la haine. Si je rentre dans mon pays, je vais tous les kidnapper. Les Blancs aussi je vais les kidnapper. Nous souffrons à cause des Blancs et nous souffrons à cause de notre couleur", répète Ahmed. Il a pris la décision de retourner en Libye pour tenter encore une fois d’atteindre l’Europe. Il considérait que la Tunisie n’avait rien à lui offrir. Les salaires appliqués ne lui permettront jamais de rembourser les dettes qu’il a contractées auprès de sa famille.

En juin 2018, le conseil de sécurité de l’ONU a imposé des sanctions à six dirigeants de réseau de trafiquants d’êtres humains en Libye. Quatre d’entre eux sont des Libyens. Les deux autres sont érythréens. Le 14 octobre 2020, Abd Al-Rahman Milad, le capitaine des garde-côtes de Zawiya qui figurait sur cette liste, a été arrêté par les autorités de Tripoli. Accusé, dans un rapport de l’ONU, de tirer sur les migrant·es en mer et suspecté d’être responsable de la noyade de dizaines de personnes, Abd Al-Rahman Milad se trouvait encore en 2017 en Italie dans un groupe de discussion sur le contrôle des flux migratoires. Au cours de cette réunion un accord avait été conclu habilitant les garde-côtes libyens à intercepter les bateaux de migrant·es en mer pour les rediriger vers la Libye, avec le risque pour eux de se retrouver une fois encore au cœur de l’horreur.