Les enfants déplacés de Gaza

La plupart des enfants de Gaza sont traumatisés. Selon les Nations Unies 373 000 enfants ont besoin d’une aide psychologique d’urgence. Leur sentiment d’insécurité est d’autant plus fort que bon nombre d’entre eux ont perdu leurs repères avec la perte de leur maison.
Par | 18 Septembre 2014 | 15 minutes

Les enfants de Gaza n’ont connu que l’occupation. La plupart d’entre eux ont vécu plusieurs opérations militaires israéliennes. La dernière offensive israélienne en date, Opération Protective Edge, qui a eu lieu durant l’été 2014 et a duré sept semaines, a causé la mort de plus de 550 enfants. Plus de 3 000 ont été blessés et 1 500 sont devenus orphelins.

La plupart des enfants de Gaza sont traumatisés. Selon les Nations Unies 373 000 enfants ont besoin d’une aide psychologique d’urgence. Leur sentiment d’insécurité est d’autant plus fort que bon nombre d’entre eux ont perdu leurs repères avec la perte de leur maison. Ce sont plus de 18,000 unités d’habitations qui ont été détruites et de ce fait plus de 100 000 personnes ont perdu leurs maisons. 

Plus de 550 enfants tués, plus de 3 000 blessés et 1 500 devenus orphelins. 373 000 enfants ont besoin d’une aide psychologique d’urgence.

Le déplacement des populations, fuyant les bombardements pendant l’offensive, a été sans précédent depuis 1967 : près d’un tiers de la population de Gaza, environ 500 000 personnes, ont été déplacées pendant l’offensive. Suite à ces déplacements les enfants se sont retrouvés entassés dans des écoles des Nations Unies avec des conditions de vie très difficiles.

Certains ont aussi dû dormir dans des parcs, des magasins, chez des proches. Aujourd’hui, malgré l’annonce d’une trêve de longue durée, 50 000 Palestiniens demeurent encore dans des écoles. Beaucoup ne peuvent pas retourner dans leur maison détruite et l’aide tarde à arriver. Certaines familles sont tout de même retournées dans leur maison, à moitié détruite, sans eau courante ni électricité.

50 000 Palestiniens demeurent encore dans des écoles. Selon les Nations Unies 22 écoles ont été complètement détruites et 118 endommagées.

La rentrée des classes a pris trois semaines de retard car beaucoup d ‘écoles ont été endommagées. Selon les Nations Unies 22 écoles ont été complètement détruites et 118 endommagées. Beaucoup de parents tentent tout de même de redonner de l’espoir aux enfants et les poussent à retourner à l’école pour retrouver une certaine normalité, un concept très relatif à Gaza qui vit sous un régime de blocus depuis 2007.

Une évaluation d’un comité des Nations Unies et d’organisations humanitaires a d’ailleurs estimé qu’avec les restrictions imposées par Israël sur les importations, il faudra au moins 20 ans pour reconstruire les habitations détruites.

Mais combien de temps cela prendra à ces enfants pour surmonter leur traumatisme ?

Au paroxysme de l’opération militaire israélienne Operation « Protective Edge », près d’un tiers de la population de Gaza, environ 500 000 personnes, ont été déplacées.
Des enfants palestiniens transportent, pendant une trêve, des biens qui ont pu être sauvés du village de Khuza’a, particulièrement attaqué et détruit pendant l’offensive.
Des habitants de Khuza’a ont trouvé refuge à l’hôpital de Khan Yunis après avoir fui les bombardements intensifs de leur village. Dans leurs maisons, mais aussi alors qu’ils fuyaient, de nombreux habitants ont été tués ou blessés.
Un enfant de la famille Bak dans les ruines de sa maison, dans le camp de réfugiés de Shati.
Les écoles de United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees (UNRWA) ont ouvert leurs portes à 289 000 Palestiniens déplacés durant l’offensive, mais elles n’étaient pas équipées pour faire face à un tel flux.
Des écoles de l’UNRWA ont été prises pour cible alors qu’elles abritaient des Palestiniens déplacés : l’école de Beit Hanoun (24 juillet : 11 personnes tuées et plus de 200 blessées), l’école de filles de Jabaliya (29 Juillet : 15 personnes tuées et plus de 100 blessées) et l’école préparatoire de Rafah (3 août : 10 personnes tuées).
L’aide humanitaire a tardé à arriver, alors que la plupart des Palestiniens déplacés ont fui leurs maisons en hâte sans pouvoir emporter des affaires. Beaucoup ont ensuite tout perdu dans les bombardements.
La rentrée des classes a pris trois semaines de retard car beaucoup d ‘écoles ont été endommagées.
Faute de place dans les salles de classes, certaines familles dormaient dans les couloirs ou sous les escaliers.
Abris de fortune construits autour de l’hôpital al Shifa qui a servi de refuge à des centaines de Palestiniens durant l’offensive.
La famille de Amal Al-Athamna de Beit Hanoun, après avoir fui les bombardements, vit dans un magasin sans fenêtre ni toilette, près de l’hopitâl Kamal Edwan de Jabaliya.
Un enfant palestinien apporte de l’eau et des couvertures à l’intérieur de l’église Saint Porphyre de Gaza où des Palestiniens ont trouvé refuge. La veille il avait été blessé à la tête lors d’une attaque israélienne sur un cimetière adjacent.
Dix jours après l’annonce de la trêve de longue durée une enfant palestinienne est installée au milieu d’un tas de vêtements récupérés par sa famille, dans les décombres de leur maison détruite dans un quartier de At-Tuffah de la ville de Gaza, qui a été fortement attaquée.