Inondations en Tunisie,
à qui la faute ?

10 septembre 2020. Ce jour là, les grandes villes du Nord du pays, telles que Bizerte ou le Grand Tunis se retrouvent submergées par les flots en quelques instants. La paralysie urbaine dure plusieurs heures, et six personnes périssent, emportées par la force des eaux. Si les inondations sont de plus en plus récurrentes, le pays reste peu préparé à les affronter.

Par | 29 Septembre 2020 | 12 minutes | Disponible en arabe
Chaque année, à compter du mois de septembre, il est comme une impression de déjà-vu : en quelques minutes, les pluies torrentielles métamorphosent les routes en torrents, les habitations et les commerces sont pénétrés par les flots, les populations sinistrées sont déplacées… En Tunisie, les inondations saisonnières qui s’étalent principalement de septembre à décembre sont de plus en plus fréquentes et leurs dégâts toujours plus importants, particulièrement en milieu urbain.

Mokhtar*, propriétaire d’une boutique de prêt-à-porter dans le tortueux quartier du Souk Bou Mendil, au centre de Tunis, en fait les frais chaque année : “L’eau envahit mon magasin deux à trois fois par an. Pendant une inondation, je peux perdre une grande partie de ma marchandise, et cela peut me coûter jusqu’à 10.000 DT à chaque fois”. Malgré les parois de fortune, maintenues à coup de mastic, rien n’y fait vraiment. Les commerçant·es alentours subissent eux et elles aussi le même sort, de même que la mosquée avoisinante dont une partie des tapis et du mobilier a été emportée lors d’une récente inondation. 

La presse en fait un marronnier, les autorités s’étonnent et l’opinion publique s’indigne. Et pourtant, “nous n’avons plus le droit d’être surpris par les inondations”, a récemment clamé le nouveau chef du gouvernement, Hichem Mechichi. Mais au-delà de ses déclarations, aucune mesure concrète n’a été énoncée pour prévenir du risque d’inondation. Car si le constat est chaque année le même, les raisons de ces épisodes extrêmes sont rarement communiquées, bien qu’elles soient multiples. Alors que les autorités invoquent des dérégulations liées au changement climatique, le pays ne dispose de presque aucune politique de prévention, et les infrastructures actuelles ne sont pas à la hauteur du phénomène. 

Pourquoi ces pluies torrentielles récurrentes, et de ce fait prévisibles, donnent-elles systématiquement lieu à des dommages, souvent impressionnants et dévastateurs, sans qu’aucune résolution d’envergure ne soit prise ?

 À Tunis, un fleuriste du centre-ville assiste aux inondations qui submergent la ville le 18 octobre 2018. Crédit photo : Fethi Belaid/AFP

Un phénomène en nette augmentation

Les scènes sont très souvent impressionnantes. En un rien de temps, des étalages entiers peuvent se retrouver balayés par les flots, des voitures submergées par les eaux, et des rues entières condamnées pendant plusieurs heures, le temps que l’eau ne s’évacue.

Les inondations sont loin d’être un phénomène nouveau en Tunisie. Certaines archives font état d’épisodes pluvieux importants datant du IXe siècle, et des inondations marquantes, comme celles de 1969 (542 morts), font date dans la mémoire collective. Même s’il n’existe pas de données précises concernant l’ampleur réelle des dégâts, la communauté scientifique note cependant que depuis le début des années 2000, ces événements jusqu’alors ponctuels, sont de plus en plus rapprochés et intenses, entraînant des pertes humaines et matérielles importantes, particulièrement en ville. 

"Le réchauffement climatique a un impact certain sur l’ampleur actuelle des inondations", soutient fermement Jouda Nasri, directrice des travaux à la Direction de l’Hydraulique Urbaine. La rhétorique climatique a également été pratiquée à la suite des lourdes inondations de Nabeul en 2018, pendant lesquelles 200mm de pluie se sont abattus sur la ville en quelques heures, l’équivalent de six mois de précipitations. Mohamed Zmerli, coordinateur de projet au ministère des Affaires locales et de l’environnement, avait ainsi insisté sur la nécessité de comprendre les enjeux du changement climatique pour répondre au problème des inondations.  

De l’hypothèse d’un lien avec le dérèglement climatique, certain·es scientifiques, spécialistes de la question, se méfient : "Cet argument, régulièrement relayé par les médias, sert trop souvent d’excuse à de nombreux décideurs qui, en invoquant la fatalité climatique, se déchargent de toute responsabilité", affirme Noômène Fehri, enseignant-chercheur au département de Géographie de l’université de la Manouba et spécialiste des inondations en Tunisie.

À l’heure actuelle cependant, l’étude de l’évolution des précipitations en Tunisie ne permet pas d’établir clairement que la pluviométrie a augmenté de manière constante et significative ces deux dernières décennies. D’après les données pluviométriques officielles de l’Institut national de météorologie (INM), le cumul annuel des précipitations à Tunis entre 2005 et 2015 n’a dépassé qu’une seule fois le seuil de la pluviométrie moyenne, qui s’élève à 446.5 mm/an à la station Tunis-Manoubia, la plus ancienne du pays. Les pluies actuelles ne seraient donc pas nécessairement plus importantes qu’autrefois. 

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Source : Institut National de Météorologie (INM)

Les pluies seraient-elles cependant plus intenses ? La pluie tomberait-elle plus fortement et plus rapidement ? Les données de la pluviométrie journalière de 2018 à 2020 dont Inkyfada dispose à ce jour ne permettent pas de juger exhaustivement de l’évolution de l’intensité des pluies. Il est donc pour le moment difficile d’affirmer de manière certaine un changement de régime des précipitations, même si des événements récents comme ceux de Nabeul en 2018 posent question : “C’est très variable d’une région à l’autre, et actuellement, beaucoup d’hypothèses sont étudiées sans pouvoir déterminer de tendance à la hausse”, nuance Noômène Fehri. 

Une chose est sûre cependant : selon le géographe, l’extension et la densification des villes a incontestablement impacté l’augmentation des inondations en milieu urbain. 

Les conséquences d'une urbanisation dérégulée

Au cours du XXe siècle, les grandes villes du pays connaissent une hausse démographique sans précédent. S’ensuivent des vagues d’urbanisation successives et l’apparition de quartiers spontanés non-réglementaires. Dans le cas du Grand Tunis, la deuxième vague d’urbanisation à la fin des années 1960 s’est principalement déroulée sur des terrains dits « à risques », selon le Plan d’Aménagement Urbain (PAU), qui détermine si une zone est urbanisable ou non. Situés en marge de la métropole, notamment autour des Sebkhas**, ces espaces libres, initialement destinés à l’agriculture, ont été progressivement grignotés par les habitations, faisant fi de la réglementation.

Le cas du bassin de la Sebkha Sijoumi à l'ouest de Tunis est particulièrement parlant. Aujourd’hui cerné de toutes parts par des quartiers modestes (Sidi Hassine, Ezzouhour, El Ouardia), ce grand réservoir d’eau, connu pour sa population de flamants roses, était entièrement rural au milieu du XXe siècle. D’après le dernier recensement de 2014, la zone abriterait aujourd’hui la moitié de la population du gouvernorat de Tunis, soit plus d’un million d’habitants. 

  “Dans la majorité des villes tunisiennes, l’urgence de bâtir l’emporte sur la réalisation d’ouvrages d’assainissement capables de s’adapter à l’urbanisation.”**

Ce bond démographique, qui a entraîné une urbanisation sans précédent des rives de la Sebkha Sijoumi, a eu pour conséquence l’augmentation de la vulnérabilité des habitations face au risque d’inondation. Les habitations et les infrastructures sont non seulement situées en zone inondable, en raison de la proximité avec le bassin, mais sont aussi en fond de vallée, bloquant ainsi l’écoulement des eaux, auxquelles elle sont donc beaucoup plus exposées lors des périodes de fortes pluies. “La facture des inondations est exponentielle. Une pluie qui s'abat à intensité égale ne fera pas les mêmes dégâts aujourd’hui qu’il y a 50 ans, en raison de l’augmentation de la densité en zone urbaine”, constate le géographe N. Fehri.

“Logiquement, l’aménagement des terrains intervient avant l’installation des habitants. Or, nous avons laissé la ville gagner sur les berges et les marécages, et ce n’est qu’ensuite que les municipalités sont intervenues pour viabiliser les terrains (canalisations d’évacuation, eau potable, électricité…)”, explique N. Fehri.

Par ailleurs, le quartier huppé des berges du Lac à Tunis est lui aussi édifié sur une zone autrefois immergée, à la différence qu’il a été pensé selon un plan d’aménagement précis. Ce quartier, abritant bon nombre d’ambassades et d'hôtels, n’est pas répertorié comme zone à risque par le Plan d’Aménagement Urbain. "Les critères de la classification des zones inondables ne sont pas clairement établis", affirme Anaïs Béji, autrice d'une recherche sur les inondations dans le Grand Tunis. D'après elle, ceci illustre le flou qui plane autour de la réglementation de ces zones. Pour répondre au risque d’inondation qui menace le quartier du Lac et ceux des sebkhas, des stations de pompage tournent sans discontinuer pour évacuer les eaux.

Les avis scientifiques convergent : l’action de l’homme a une influence certaine sur les changements hydrologiques en cours et sur l’augmentation des inondations. Cet impact se traduit par une augmentation des coefficients de ruissellement**, eux-mêmes déterminés par l’accroissement des surfaces imperméables.

Dans la ville de Mhamdia, au sud de Tunis, des habitant·es nettoient leur rue, ravagée à la suite des inondations du 18 octobre 2018.  Crédit photo : Fethi Belaid/AFP

Ainsi, plus une zone est bâtie, moins le sol est en mesure d’absorber les précipitations. Ceci entraîne alors une nette augmentation de la vitesse d’écoulement. Dans les années 1960, les coefficients de ruissellement de la Sebkha Sijoumi (Ouest de Tunis) étaient en moyenne de 20%, c’est-à-dire que sur 100m³ de précipitations, 20m³ circulaient en surface et le reste s’inflitrait dans le sol. Actuellement, ce coefficient atteint plus de 50%.

Les observations faites par le géographe N. Fehri lors des inondations qui ont touché le Grand Tunis en 2003 et 2007 témoignent également de la rapidité de la montée des eaux et de la violence des écoulements. En quelques heures, l’agglomération tunisoise s’est retrouvée piégée par les eaux, avec des hauteurs qui dépassaient un mètre dans certains quartiers (cité Manouba, cité Essanouber, Mégrine…), rendant l’absorption de l’eau par les bassins d’autant plus difficile. En effet, à de nombreux endroits désormais, les réseaux d’évacuation, au tracé linéaire et à pentes courtes et fortes (canaux, digues…), ont remplacé les oueds (rivières), dont le naturel sinueux et moins pentu permettait une évacuation plus progressive des eaux. 

Gestion des eaux : personne n’assume ses responsabilités

Cette nouvelle donne urbaine a par ailleurs mis en lumière une autre problématique : les réseaux d’assainissement, datant des années 1960 - 1970 et conçus à la va-vite pour des catastrophes d’une récurrence décennale, voire vingtennale, sont aujourd’hui sous-dimensionnés et incapables de recueillir des pluies trop importantes.

À la vétusté des canalisations s’ajoute très souvent une autre problématique : au lieu de circuler via deux réseaux bien distincts comme le veut la norme, les eaux de pluie et les eaux usées s’écoulent la plupart du temps par les mêmes canaux. Ceci s’observe notamment, mais pas exclusivement, dans les quartiers populaires et densément peuplés, comme par exemple celui de la cité Ettadhamen (Nord ouest de Tunis) où l’aménagement n’a pu se faire qu’ultérieurement à l’installation de la population. Lors des averses, les déchets de la rue et ceux charriés par les eaux usées obstruent les canalisations peu entretenues et font alors obstacle à l’écoulement de l’eau, favorisant les débordements sur la chaussée.

Le réseau d’assainissement est lui-même endommagé par ces événements, “ce qui fait de lui à la fois la cause et la victime des inondations”, analyse Alexis Sierra, chercheur en Géographie à l’Université de Cergy-Pontoise en France et spécialiste du risque. Walid Chouari, enseignant chercheur à l’Université de Sfax et auteur de nombreuses études sur le risque d’inondations, observe par ailleurs que certains bassins, comme celui de la Sebkha de l’Ariana, pâtissent d’un manque d’entretien, notamment au niveau des stations de pompages, rendant difficile l’accueil des eaux pendant les fortes pluies**.

Par ailleurs, il n’est pas inhabituel que certain·es représentant·es officiel·les tiennent pour responsable la population de l’inefficacité des réseaux d’assainissement, accusant un certain “citoyen tunisien” d’incivilité quant au rejet des déchets dans les canaux d’évacuation. “Nous constatons malheureusement que les canaux nettoyés sont déjà très vite obstrués par les citoyen·nes qui y déversent toutes sortes de déchets”, a affirmé Nihel Ben Ammar, première vice-maire de l’Ariana, en 2019, stigmatisant fortement les territoires marginaux et rejetant la responsabilité sur leurs habitant·es, alors même que les municipalités ont pour mission de gérer l’assainissement des eaux dans le périmètre de leur commune, fonction centrale dans la gestion du risque d’inondation. 

Un taxi tunisois est englouti par les flots lors des inondations qui frappent Tunis le 13 octobre 2007. Le bilan s'élève à neuf morts. Crédit photo : Fethi Belaid/AFP

Nébuleuse institutionnelle et manque de planification   

La gestion du risque d’inondation est complexe et réunit de nombreux acteur·trices institutionnel·les qui se répartissent en trois entités majeures que sont le ministère de l’Agriculture et des Ressources Hydrauliques, le ministère de l'Équipement, de l'Habitat et de l'infrastructure et les collectivités locales.

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Au sein de ces trois grandes instances gravitent une multitude d’acteur·trices et de services, “dont les compétences et les responsabilités ne sont pas clairement définies et dont le nombre met au défi la coordination”, d’après le géographe Walid Chouari. “La coordination entre les différents acteurs revêt souvent un caractère informel et se fait parfois par le mode oral, sans trace écrite des décisions ou des actions entreprises”, ajoute-t-il. 

“Il est vrai que chacun des trois organismes a sa stratégie et sa planification propre. Mais tout cela arrive à se compléter”, assure Jouda Nasri, sous-directrice de la Direction de l’Hydraulique Urbaine. Le chercheur Walid Chouari a néanmoins observé un certain chevauchement pendant les projets entre les différentes parties prenantes, et la production d’études similaires qui font souvent doublon.

Les données concernant l’ampleur des inondations et leurs dégâts sont par ailleurs sporadiques et disparates, rendant difficiles aussi bien la planification que la compréhension des épisodes torrentiels. Jouda Nasri promet cependant la création d’une base de donnée complète, dans le cadre de la réactualisation de la stratégie nationale sur les inondations. Le début des travaux est prévu en 2021, sachant que depuis les années 1990, aucune stratégie nationale de prévention des inondations n’a été élaborée. 

Loin de nier les efforts entrepris et les nombreux projets mis en place depuis plusieurs décennies, les spécialistes s’entendent néanmoins pour constater que la gestion des inondations s’organise la plupart du temps “en réponse” à un événement, à la suite d’une crise. Les autorités sont accusées de concevoir les inondations comme un épisode météorologique ponctuel, “et ne voient pas la vulnérabilité mais seulement l’événement”, déplore Walid Chouari.

“Je fais le constat amer que l’État se trouve chaque année débordé par les inondations, dont la récurrence n’est plus une surprise depuis longtemps”, confie le géographe Noômène Fehri. Or, prévenir une catastrophe, c’est avant tout se donner les moyens, non de l’éviter, mais de limiter considérablement les dégâts.

Les exemples illustrant ce défaut de prévention et d’organisation ne manquent pas : le 13 novembre 2007, Tunis est submergée par les flots et connaît une des pires inondations de son histoire, qui causera la mort de 16 personnes. Parmi ces victimes, nombreuses se trouvaient sur la Nationale 8 (GP8) en provenance de Bizerte, bordée par l’oued Kamouni qui, lorsqu’il est à sec, est un cours d’eau de taille très modeste. Ce jour là, plusieurs dizaines de voitures sont emportées par son courant. Le drame aurait pu être évité si le trafic routier avait été transféré sur l’autoroute surélevée, où la circulation était tout à fait fluide. Le déploiement d’un agent pour dévier la circulation de la nationale aurait suffi. 

Une famille à moto tente de se frayer un chemin lors des inondations qui s'abattent sur Tunis le 18 octobre 2018. Crédit photo : Fethi Belaid/AFP

“Donnez-nous des moyens et nous ferons des miracles”

Si la prévision fait très souvent défaut, le manque de moyens humains et financiers constitue lui aussi un défi de taille. À la suite d’inondations dévastatrices en 2019, le président de la municipalité de Raoued (banlieue nord de Tunis) témoignait : “le problème est que notre commune n’a jamais bénéficié d’un plan de prévention contre les inondations. Donnez-nous des moyens et nous ferons des miracles”**. En Tunisie, la gestion de l’assainissement et de l’évacuation des eaux pluviales est du ressort des municipalités, fonction qu’elles peuvent déléguer à l’Office National de l’Assainissement (ONAS). Celles-ci font cependant face à un manque criant de moyens, et sont souvent conduites à intervenir de manière ponctuelle, sans réelle stratégie ni planification. Ainsi, même si les communes sont dotées de moyens financiers (crédits financiers de développement), elles se heurtent à l’impossibilité de “consommer leur crédit par manque de moyens humains”** et techniques. 

“On relève un déclin sensible de l’action et du financement publics directs de l’aménagement spatial en général et de l’aménagement urbain en particulier”**, note Mustapha Ben Letaief, professeur à la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis. “Nous faisons face à certains problèmes techniques, comme l’absence d’entreprises compétentes, ce qui nuit grandement au lancement de certains projets d’aménagement”, reconnaît la directrice de la DHU. Celle-ci ne fait pas non plus état d’un manque de moyens au niveau de la DHU : “La plupart du temps, l’État nous accorde le budget que nous lui demandons. Cependant, quand certains projets dépassent les capacités du gouvernement, à partir de 30 millions de dinars, il nous faut faire appel à des financements extérieurs”.

La réalisation de grands projets d’aménagement est donc souvent financée par des bailleurs de fonds internationaux, auxquels le gouvernement tunisien fait appel, faute de budget propre. Plusieurs projets de protection des inondations sont actuellement en cours dans tout le pays, et notamment dans le Grand Tunis. Ils sont souvent localisés dans des espaces dits “à risque”, à la suite d’inondations notables.  C’est le cas du colossal projet de protection contre les inondations de Tunis Ouest/Sud Ouest, financé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), amorcé en 2008, dont le montant du prêt s’élève à 6.808 millions de yen (150 millions de dinars). 

“Une prise de conscience a opéré ces dernières années, et il y a une volonté générale de répondre aux problèmes liés aux inondations, mais ce sont aujourd’hui les moyens financiers et matériels qui font défaut” - N. Fehri 

L’augmentation des projets en cours dénote donc d’un sursaut certain de la part des autorités quant à l’impact dévastateur des inondations depuis plusieurs années. La route reste longue, et les défaillances sont nombreuses, d’autant que la situation est vouée à se détériorer. L’État, confronté aujourd’hui à une crise économique et sociale d’envergure, n’est pas à l’abri d’un nouveau déluge.