Podcast | Tu étais où le 14 janvier ?

Pendant un an, en préparation des dix ans de la révolution, Inkyfada revient sur les événements du 14 janvier 2011 à Tunis, à travers des récits personnels d’individus qui y étaient, en proposant une documentation alternative de l’Histoire contemporaine, basée sur plusieurs perspectives.

Épisode 5 : Portes ouvertes

| 14 Mai 2020 | 24 minutes

14 janvier 2011. Bakhta El Cadhi, syndicaliste et militante féministe, descend manifester avec sa fille Haïfa Jmour, comme des milliers d'autres. Au moment où les violences policières éclatent, elles sont séparées et se réfugient chacune dans un appartement, à quelques dizaines de mètres l'une de l'autre. Mais leurs expériences seront sensiblement différentes. Derrière les portes des appartements du centre-ville, des moments paisibles ou angoissants seront vécus en ce jour historique et contribuent à leur manière à documenter cette mémoire invisible.

Épisode 4 : Un commissariat en feu

| 14 Avril 2020 | 33 minutes
14 janvier 2011. Une maison à la Goulette qui fait office de QG pour la Révolution, une dizaine d’ami·es et une manifestation à préparer. À 11h du matin, ils et elles se dirigent vers le centre-ville. Séparé·es pendant des heures et après avoir vécu de nombreux rebondissements, ils et elles retournent à la Goulette, chacun·e de son côté. À leur arrivée, le commissariat collé à leur maison est en flammes et le groupe décide d’éteindre l’incendie, à contrecœur. Plus de neuf ans plus tard, en ligne depuis différents pays, Ghazi, Marion, Virginie, Wissal, Boumjida, Tarek, Juliette, Hayder, Charlene et Harzalli se remémorent cette journée et cette nuit inoubliables. Vivant l'expérience autant individuelle que collective du confinement en période d'épidémie du Covid-19, ils et elles comparent aussi cette épreuve présente à la période passée.

Épisode 3 : Une nuit à l'hôtel

| 14 Mars 2020 | 30 minutes
14 janvier 2011. Nedra Ben Smail, psychanalyste, annule toutes ses séances de la journée. Ce jour-là, un appel “intuitif” la pousse à se rendre sur l’avenue Habib Bourguiba, comme des milliers d’autres manifestant·es. Au moment où la police commence la répression, à coups de matraques et de gaz lacrymogène, plus d’une centaine de personnes se réfugie dans son hôtel, le Carlton, situé en face du ministère de l’Intérieur. À l’annonce du couvre-feu, elle va devoir gérer la situation, les visites de la police mais aussi ses angoisses, ses dilemmes et son rapport à la violence. Elle raconte cette soirée où elle est à la fois témoin et protagoniste de moments qui feront “effraction” dans sa vie et qui marqueront un bouleversement à la fois collectif et individuel. Récit sonore d’une nuit à l’hôtel.

Épisode 2 : Vues d'en haut

| 14 Février 2020 | 24 minutes
14 janvier 2011. Dans ce deuxième épisode de la série, le photographe Hamideddine Bouali, vient de fêter son 50ème anniversaire lorsque son destin va basculer. Hamideddine le dit lui-même, il n'était pas militant et il avait peur, "comme la plupart des Tunisien·nes". Avant, il prenait des photos de Sidi Bou Saïd ou de la Médina, mais en ce vendredi 14 janvier, il a trouvé le courage de sortir son appareil photo "à bout portant" pour immortaliser cette journée historique, devant le ministère de l'Intérieur ou couvrir par hasard l'enterrement de Helmi, un jeune homme tué la veille. Sur les toits ou les balcons, il observe, multiplie les clichés et se libère. Depuis ce jour, le photographe se sent "faire partie du monde". Récit sonore d'images mémorables.

Épisode 1 : Ben Ali hrab

| 14 Janvier 2020 | 20 minutes
14 janvier 2011. Comme des milliers de Tunisien·nes, Imed se rend au centre-ville de Tunis pour manifester contre la dictature de Ben Ali. Avec la répression policière et l’annonce du couvre-feu pour 17h, Imed se réfugie chez son ami Zein, qui habite au-dessus de L’Univers, un bar mythique de l’avenue Habib Bourguiba. La nuit tombe, les rues sont vides, quand Imed entend une voix qui déchire le silence : “Ben Ali Hrab”. Abdennaceur Laouini, avocat connu dans les milieux militants, défie les interdits et sort exprimer sa joie après la fuite du dictateur Ben Ali. Imed le rejoint, sort son téléphone et filme une vidéo qui deviendra un symbole de cette journée historique.