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Vues d'en haut

14 janvier 2011. Le photographe Hamideddine Bouali vient de fêter son 50ème anniversaire lorsque son destin va basculer.  Avant, il prenait des photos de Sidi Bou Saïd ou de la Médina, mais en ce vendredi 14 janvier, il a trouvé le courage de sortir son appareil photo "à bout portant". Devant le ministère de l'Intérieur ou pour couvrir par hasard l'enterrement de Helmi, un jeune homme tué la veille, il immortalise cette journée historique.
14 Février 2020
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Hamideddine Bouali a 50 ans, il est alors photographe amateur. Habitué à prendre des clichés de Sidi Bou Saïd, la Médina ou encore les matchs de tennis, son destin et son approche de la photographie basculeront ce jour-là. 

Hamideddine ne se considère pas comme militant, mais comme des milliers de tunisien.nes, il décide d’aller manifester sur l’Avenue Habib Bourguiba contre le régime de Ben Ali. Dès son arrivée au centre-ville, il sort son appareil photo "à bout portant" et commence à immortaliser cette journée historique. 

Il prendra plusieurs photos devant le ministère de l’Intérieur des manifestants armés de drapeaux et de pancartes contestataires. 

Constatant qu’il n’a presque plus d’espace dans sa carte mémoire, le photographe pense rentrer chez lui et se dirige vers Bab El Khadra. C’est alors qu’il tombe sur une marée humaine. Il s’agit de l’enterrement de Helmi, un jeune homme de 23 ans tué la veille par les forces de police. Les slogans des manifestant·es se mélangent alors aux prières.

Ému par la scène, Hamideddine prend des photos mais semble manquer de perspective. C’est alors qu’il demande à un jeune homme qui regardait la scène depuis son balcon s’il pouvait monter chez lui. Celui-ci accepte, Hamideddine utilise le peu d’espace qui lui reste sur sa carte pour immortaliser de haut le passage du cortège, alors en route pour l’Avenue Habib Bourguiba, et qui donnera quelques instants après son arrivée le coup d’envoi des violences policières.

Le 14 janvier a profondément transformé sa passion, devenue depuis son métier. Ce jour-là, pour la première fois de sa vie, l’acte de photographier devient un acte politique, ses clichés immortaliseront des moments chargés d’émotion et d’histoires. Récit sonore d’images mémorables.

Tu étais où le 14 janvier ?

En préparation des dix ans de la révolution, Inkyfada revient sur les événements du 14 janvier 2011 à Tunis, à travers des récits personnels d’individus qui y étaient, en proposant une documentation alternative de l’Histoire contemporaine.

LES DÉRNIER ÉPISODES

Regard d'enfant

14 janvier 2011. À l’âge de 12 ans, Saïf est tiraillé entre sa mère et sa grand-mère. L’une est féministe et hostile au régime, alors que l’autre préfère son maintien. Le jour de la fuite de Ben Ali, il* accompagne sa mère - malgré lui - sur l’Avenue. Jusqu’au lendemain matin, il y vivra une expérience qui le marquera à vie.

Sortie de secours

14 janvier 2011. Alaeddine Slim,  producteur et réalisateur de films, descend sur l’Avenue manifester, il ne rentrera chez lui que le lendemain. Ala raconte comment son bureau s’est transformé en refuge pour 57 personnes et comment certain·es d'entre elles et eux se sont retrouvé·es en pleine nuit dans le parking du ministère de l’Intérieur, qui faisait alors office de centre d’arrestation de fortune.

Dans les geôles de l'Intérieur

14 janvier 2011. Malek est sur l’avenue Habib Bourguiba mais n’a aucune idée de ce qui s’y passe. Il est enfermé depuis quelques jours dans les geôles du ministère de l’Intérieur. Le jeune étudiant, opposant au régime de Ben Ali, a passé huit jours entre le sous-sol et le 3ème étage. Malek décrit les caves du ministère, la violence policière et la notion du temps qui se perd. 

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