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Les entrailles du palais de justice de Tunis

Dans la salle d’audience n°6, les accusé·es défilent, devant les juges et avocat·es, sous le regard de leur famille. Sous la pression, une femme s’écroule. Dans le public, son père pleure, impuissant. Au cœur du palais de Justice, les audiences s’enchaînent, condamnant des centaines d’accusé·es lié·es à des affaires de terrorisme. Ces jeunes sont l’incarnation d’un débat douloureux qui agite la justice, la sécurité et l’opinion publique.
31 Mars 2021
docusonores [{"user_id":"1448","role":"Illustrations"},{"user_id":"1429","role":"Prise de son et montage"},{"user_id":"1473","role":"Habillage sonore et mixage"},{"user_id":"1454","role":"Voix-off et interviews"},{"role":"Musique","user_id":"1517"},{"role":"Voix off","user_id":"1303"},{"role":"Doublage","user_id":"1440,1429"}] https://inkyfada.com/wp-content/uploads/2021/03/webdoc-chapitre-1-entrailles-palais-justice-tunis-enquete.mp3 https://inkyfada.com/wp-content/uploads/2021/03/webdoc-chapitre-1-entrailles-palais-justice-tunis-enquete-ar.srt https://inkyfada.com/wp-content/uploads/2021/04/webdoc-chapitre-1-entrailles-palais-justice-tunis-enquete-1.srt-3-1.srt https://inkyfada.com/wp-content/uploads/2021/03/webdoc-chapitre-1-entrailles-palais-justice-tunis-enquete-EN.srt
Une création de
Christophe Cotteret
Illustrations
_Z_
Prise de son et montage
Bochra Triki
Habillage sonore et mixage
Oussema Gaidi
Voix-off et interviews
Christophe Cotteret
Musique
Omar Aloulou
Voix off
Monia Ben Hamadi
Doublage
Maher Dhahbi, Bochra Triki

C’est dans les bois usés de cette salle d’audience que se jugent tous les mardis et les vendredis les procès des affaires de terrorisme. D’ailleurs, ce sont parmi les quelques mètres carrés où se juge au monde le plus grand nombre de procès en terrorisme. 4572 affaires ont été jugées entre septembre 2015 et juin 2018, pour 1804 inculpé·es en détention.

Dans ce premier chapitre, Christophe Cotteret décrit l'ambiance du palais, les allées, les salles et les bureaux du palais de justice de Tunis. Les accusé·es défilent devant les juges, les avocat·es s'installent avec d'épais dossiers et le ballet se reproduit invariablement chaque semaine.

"Je voulais aller au paradis”. “Et vous l’avez trouvé finalement ? Si oui, je veux bien que vous me prêtiez aussi les clefs."

Un juge du pôle antiterroriste ayant requis l'anonymat, des avocat·es de la défense ou encore Béchir Akremi, ancien juge d'instruction chargé de l'antiterrorisme et Philippe Dorcet, ancien juge d'instruction puis président de la Cour de Cassation de Nice, ponctuent le récit.

Il y sera question d'affaires banales, de scènes drôles ou pathétiques, mais aussi du procès des attentats de Bardo-Sousse qui trahit les failles des systèmes sécuritaire et judiciaire.

Le dilemme de la justice antiterroriste

Ce documentaire sonore en cinq chapitres est une plongée inédite dans les rouages de la justice antiterroriste tunisienne. Il prolonge le documentaire "Daech, le dilemme de la justice" et compile plus de deux ans d’enquêtes et d’entretiens pour tenter d’éclairer les enjeux de l’antiterrorisme en Tunisie.

Les derniers épisodes

Fichage S17 : Un monstre échappe à son créateur

Le mercredi 5 septembre 2018, Mohamed Dhia Arab s’asperge d’essence, sort un briquet et s’immole silencieusement devant le commissariat de Menzel Bouzelfa, sous le regard des policier·es. Pour les proches du jeune homme, cela ne fait aucun doute : Mohamed Dhia s’est suicidé car il était fiché S17, lui donnant le sentiment de vivre dans une prison à ciel ouvert. Interdiction de quitter le territoire, surveillance permanente par les forces de l’ordre... Comme lui, ils et elles sont des milliers à être fiché·es, parfois sans même le savoir, au mépris de leurs droits fondamentaux.

Torture et détention, une machine à radicaliser

Les accusé·es de terrorisme ont souvent droit à un “traitement préférentiel” : arrestations brutales, incarcérations systématiques dans des conditions dégradantes sans distinction de la gravité du délit, actes de torture... Et quand ils et elles sont ensuite jeté·es en prison, mélangé·es sans distinction aux détenu·es de droit commun, la machine à radicalisation s’enclenche dans les cellules.

Des revenant·es qui ne reviennent pas

Faut-il rapatrier massivement les ex-combattant·es tunisien·nes de l’État islamique pour les juger ? Cette question divise en Tunisie : pour beaucoup, il n’en est pas question. Alors qu’il serait hasardeux aujourd’hui d’avancer le nombre exact de revenant·es potentiel·les, le Conseil national de Sécurité a tranché : pour l’instant, seul·es quelques-un·es pourront revenir. Mais du côté de la justice, se pose le problème de la garantie de procès équitables.

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