Ce projet a été réalisé par le support de l'organisation Novact
القول بأن الدينار كان يساوي أكثر من دولارين في السبعينات ليس مجرد أسطورة شعبية، بل حقيقة رقمية ثبتها التاريخ. لكن خلف هذه الجملة التي يتوارثها التونسيون جيلًا بعد جيل، يختبئ سوء فهم اقتصادي كبير: هل كان الدينار القوي دليلًا على اقتصاد متين، أم مجرد وهم محميّ داخل دفيئة زجاجية تشرف عليها الدولة؟
Dire qu’un dinar valait autrefois deux dollars n’est pas une légende urbaine : c’est une réalité chiffrée de la Tunisie des années 70. Mais derrière cette formule répétée de génération en génération se cache un malentendu économique majeur. Ce dinar fort était-il le signe d'une économie florissante, ou une illusion entretenue dans une serre de verre sous contrôle de l'État ?
Devant le tableau électronique des cours de change d’une banque au centre-ville de Tunis, les chiffres défilent en jaune et rouge. Omar, retraité de 55 ans, regarde l’euro franchir les 3,5 dinars pendant que son fils prépare un dossier de visa. Dans cette scène du quotidien, la même phrase revient comme un refrain nostalgique : « À notre époque, le dinar valait plus de deux dollars. »
Pourtant, les chiffres, s'ils ne mentent pas, dissimulent parfois la vérité. En 1972, le taux officiel était bien de 2,38 dollars pour un dinar. Mais cette valeur ne reflétait ni la compétitivité des entreprises tunisiennes, ni une surpuissance économique. Protégé par un système de change fermé, des autorisations strictes et des allocations touristiques dérisoires, le dinar ne valait cher que parce qu'il n'avait pas le droit d'affronter le marché mondial.
De la première dévaluation imposée par le FMI en 1986 au choc post-révolutionnaire de 2011, jusqu’au décrochage violent de 2016-2018, cette serre en verre a fini par éclater sous les crises structurelles. Ce récit retrace la trajectoire du dinar tunisien : comment est-on passé d'une monnaie sous perfusion étatique à une chute libre payée cash par le pouvoir d'achat des citoyen·nes ?
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