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Une balle en plein cœur

Dans les épisodes précédents, un événement revient souvent ; l’arrivée d’un cortège funèbre sur l’avenue Habib Bourguiba. Dans le cercueil, Helmi, 23 ans, tué la veille. 10 ans plus tard, les circonstances de sa mort et de l’arrivée du cortège devant le ministère de l’Intérieur restent floues. Les témoignages de ses proches, entrecoupés d’extraits des récits précédents, permettent de reconstituer une partie de l’histoire. Celle d’un jeune homme et d’un dictateur aux destins liés.
05 Février 2021
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Le dernier épisode de la série « Tu étais où le 14 janvier » revient sur un évènement souvent mentionné dans les récits des épisodes précédents. Le 14 janvier 2011, le cortège funèbre du jeune Helmi, tué par balle la veille, arrive sur  l’avenue Habib Bourguiba. Cet événement marquera l’élément déclencheur de la répression policière envers les manifestant·es rassemblé·es pour lui rendre un dernier hommage, entraînant sur elles et eux un déferlement de violence. 

Le 13 janvier 2011, en chemin pour rentrer chez elle, Saïda croise son fils Helmi dans la rue. Le jeune homme se dirige avec des ami.es vers Bab Souika, et lui promet de rentrer déjeuner avec elle. Mais Helmi ne reviendra pas. Au milieu des bombes lacrymogènes, des voitures incendiées et des tirs de policiers, Helmi reçoit une balle en plein cœur et décède quelques heures plus tard. Le soir même, Ben Ali prononcera le célèbre discours qui précédera sa fuite et mettra fin à ses 23 années de dictature. 

Dix ans plus tard, Saida ne sait toujours pas qui a tué son fils. Comme de nombreuses autres familles des martyrs de la révolution, elle attend que justice soit rendue.  

A travers les témoignages de Saïda, sa voisine Nejiba, des amis de Helmi ainsi que des témoins présent·es lors des évènements du 13 et 14 janvier, cet épisode tente de mettre en  lumière les zones d’ombres de certains récits officiels, afin de comprendre ce qui s’est réellement passé ce jour-là. 

Tu étais où le 14 janvier ?

En préparation des dix ans de la révolution, Inkyfada revient sur les événements du 14 janvier 2011 à Tunis, à travers des récits personnels d’individus qui y étaient, en proposant une documentation alternative de l’Histoire contemporaine.

LES DÉRNIER ÉPISODES

Sur les traces de Lina

"Sur les traces de Lina": Un hors-série de “Tu étais où le 14 janvier ?” raconte à travers l’histoire de Lina, des fragments de l’Histoire contemporaine de la Tunisie. Sadek Ben Mhenni, Hana Trabelsi, Faten Abdelkefi et Haythem El Mekki nous parlent d’elle. Ils et elles racontent son militantisme, sa lutte contre la maladie et les impressions gardées d’elle. Une sélection de ses textes sont lus par Henda Chennaoui et Mariem Mechti.

Regard d'enfant

14 janvier 2011. À l’âge de 12 ans, Saïf est tiraillé entre sa mère et sa grand-mère. L’une est féministe et hostile au régime, alors que l’autre préfère son maintien. Le jour de la fuite de Ben Ali, il* accompagne sa mère - malgré lui - sur l’Avenue. Jusqu’au lendemain matin, il y vivra une expérience qui le marquera à vie.

Sortie de secours

14 janvier 2011. Alaeddine Slim,  producteur et réalisateur de films, descend sur l’Avenue manifester, il ne rentrera chez lui que le lendemain. Ala raconte comment son bureau s’est transformé en refuge pour 57 personnes et comment certain·es d'entre elles et eux se sont retrouvé·es en pleine nuit dans le parking du ministère de l’Intérieur, qui faisait alors office de centre d’arrestation de fortune.

A PROPOS

Fondé en 2014 par une équipe de journalistes, développeur·ses et graphistes, Inkyfada est un média indépendant à but non lucratif basé à Tunis. Il s’inscrit au service de l’intérêt public et collectif.
Inkyfada se donne pour objectif de révéler, donner à voir et rendre accessible ce qui est caché, participant à une meilleure compréhension du monde grâce à l’investigation, au datajournalisme et à la réalisation de reportages au long cours, de portraits, d’articles explicatifs et de contextualisation.
Inkyfada assume pleinement son rôle de contre-pouvoir, avec un réel impact sur le débat public, luttant contre l’impunité et l’opacité des pouvoirs en place et contre toute forme d’injustices qui en découlent.
Engagée, l’équipe d’Inkyfada défend un journalisme de qualité, face à un flot d’informations toujours en expansion où la contextualisation fait défaut. Au sein d’une rédaction où les journalistes collaborent étroitement avec les développeur·ses et les graphistes, elle s’inscrit dans un ensemble plus large de médias alternatifs, innovants et résolument tournés vers l’avenir. Elle donnera régulièrement à ses lecteur·trices une idée de ce qui se fait de mieux en matière de narration journalistique, d’expérience visuelle ou de développement de nouveaux outils.
La rédaction intègre également une réflexion sur le langage, adoptant pour la première fois en Tunisie une grammaire sensible au genre dans sa version française - dans un premier temps -, car l’accès à l’information passe aussi par un langage inclusif, compréhensible et porteur de sens.
Que ce soit par le traitement de milliers de données ou à travers une histoire individuelle, la révélation d’un scandale ou l’explication d’un sujet complexe, Inkyfada se donne les moyens d’utiliser tous les médiums, outils et technologies à sa disposition pour transmettre l’information, la rendre accessible, compréhensible et humaine.

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