Sarra*, étudiante, 360dt par mois

Sarra est étudiante. Elle a déménagé à Tunis pour continuer ses études et habite chez ses tantes.

08/02/2016
Sarra est une jeune étudiante de 24 ans. Elle a déménagé à Tunis il y a 5 ans, juste après son bac, pour poursuivre des études universitaires à Tunis. Elle est en dernière année de Master en Psychologie. Originaires du gouvernorat de Monastir, ses parents travaillent et gagnent correctement leur vie. Son petit frère passe son bac.
A Tunis, Sarra habite chez ses tantes. Elle est de nature prévoyante par rapport à son budget, elle n’est pas spécialement dépensière et met de l’argent de coté dès qu’elle le peut. Ses parents versent 200 dinars par mois à ses tantes pour que celles-ci la prennent en charge. En plus de cette somme, ils versent de l’argent de poche à Sarra.
Voici un résumé de ses entrées et sorties d’argent mensuelles :
Infographie1
Si Sarra n’a pas de loyer à payer, ses frais de transport peuvent être élevés. Elle doit effectuer le trajet pour aller à la faculté et est parfois obligée de prendre un taxi quand le bus est en retard ou quand elle termine ses cours tard le soir.
La jeune étudiante sort parfois avec ses amis mais elle ne dépense pas beaucoup, c’est dans sa nature.
«
J’essaye réduire le plus possible mes dépenses. Par exemple si je peux partager un taxi avec une amie ou bien trouver quelqu’un qui soit sur la même route que moi en voiture, j’en profite.

»

Aujourd’hui voilà ses pôles d’entrées et de sorties d’argent :
Infographie2

La zone grise :

Sarra est plutôt satisfaite de sa situation. “Je vis chez mes tantes, donc je ne suis pas seule avec des étrangers. Je suis avec ma famille et je n’ai pas de factures ou de loyer à payer”.
Interrogée sur sa place sur l’échelle sociale, elle répond:
«
Je mène une vie assez aisée et confortable. Je m’estime chanceuse par rapport à d’autres étudiants que je connais qui ne sont pas de Tunis. Certains doivent habiter dans un foyer universitaire et d’autres passent la moitié de l’année scolaire à chercher un appartement qui convienne à leur budget

».

Mais malgré le fait qu’elle ne paie pas de loyer, Sarra souffre de ne pas avoir un espace qui lui est propre, si bien qu’elle déménage tour à tour chez l’une ou l’autre de ses tantes, tous les deux ou trois mois… une instabilité géographique qu’elle vit mal.
Des cousins pas toujours présents, une tante trop stricte concernant les sorties ou encore l’envie de se rapprocher de là où habitent ses amis, autant de raisons qui justifient, pour Sarra, ces déménagements répétés
Cette instabilité a un effet négatif sur les résultats scolaires et sur le moral de l’étudiante.
«
Je n’ai pas de lieu à moi où je peux laisser toutes mes affaires et où je peux réviser en paix. Des fois je n’arrive pas à m’adapter à la vie chez mes tantes, à leurs règles ou mode de vie et j’étouffe”, explique-t-elle.

»

Futur

Sarra n’a pas de projets prévus sur le court, moyen et long terme. “J’ai un budget assez serré. Certains mois, j’arrive à économiser 30 ou 40dt, voire même 200 dinars pour les meilleurs mois. Mais je les dépense assez vite en transport les mois suivants. Je ne peux pas me permettre d’avoir de projets maintenant parce que je suis étudiante et que je n’ai pas de revenus. Quand je commencerai à travailler je pourrai y penser”.
Malgré son budget serré et quelques contrariétés concernant sa vie chez ses tantes, Sarra s’estime plutôt heureuse de sa situation.
* Le prénom a été modifié
Note de l'auteur

Les dépenses de Sarra diffèrent d’un mois à l’autre, particulièrement pendant les vacances scolaires. Nous avons établi une moyenne de ces sorties d’argent sur une période de six mois. L’argent dépensé au-delà des 360 dinars mensuels envoyés par ses parents correspond aux économies que l’étudiante a pu faire les mois précédents, notamment sur ses frais de transport.

La rubrique Stouchi tire son origine de la rubrique "Votre porte-monnaie au rayon X" de nos amis du site français Rue 89.

ECRIT PAR
Yasmine Chaouch Etudiante en journalisme, j'écris sur les sujets de société, la culture et le cinéma. Les reportages et le travail sur le terrain m'attirent beaucoup.
EN COLLABORATION
Abir Ben Smaya - Intégration et Développement
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Monia Ben Hamadi - Édition
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